
On arrive à Nouakchott avec des images en tête : le sable qui s’infiltre partout, les 4×4 qui slaloment sur des routes inachevées, les marchés débordants de vie et de poussière, la mer toute proche mais qu’on ne voit jamais vraiment de la ville. Ce que l’on n’imagine pas, en revanche, c’est de pousser une porte et de se retrouver plongée dans un intérieur aussi travaillé, aussi cohérent, aussi délibérément esthétique que celui du MH Hotel. Et pourtant, c’est exactement ce qui se passe.
MH Hotel Nouakchott — le luxe qui redéfinit l’hôtellerie mauritanienne
Dès l’entrée, la palette chromatique prend le contrôle : terracotta brûlé, bleu marine profond, bois naturel clair. Ces trois couleurs ne se quittent plus — des tables du restaurant aux fauteuils capitonnés des couloirs, des portes couleur cuivre encadrées de marbre gris jusqu’aux coussins anthracite de la chambre. Ce n’est pas de la décoration d’hôtel au sens générique du terme, le genre qui pourrait se trouver à Dubaï comme à Lyon. C’est un choix. Une intention portée de pièce en pièce, avec une persistance qui force le respect.
La Mauritanie, souvent présentée sous l’angle du désert et des caravanes, mérite qu’on regarde aussi ce qu’elle fabrique dans ses capitales. Et Nouakchott, ville jeune — elle n’a pas soixante-dix ans d’existence officielle — construit son identité avec une énergie qu’on ne soupçonne pas depuis Paris
MH Hotel Nouakchott : une naissance dans une capitale en pleine métamorphose
Il faut comprendre ce que Nouakchott était il y a encore peu sur la carte hôtelière mondiale pour mesurer ce que représente le MH Hotel. Pendant des décennies, la capitale mauritanienne n’a eu à proposer qu’une poignée d’adresses fonctionnelles, conçues pour les expatriés en mission et les coopérants de passage, sans réelle ambition esthétique ni prétention gastronomique. Le luxe, ici, relevait de l’informel ou de l’absence.

Puis quelque chose a bougé. En novembre 2023, le FASQ Hotel ouvre ses portes avec un investissement de 30 millions de dollars, 110 chambres et une centaine d’emplois directs — un signal clair que l’hôtellerie mauritanienne entrait dans une nouvelle ère. Deux ans plus tard, en novembre 2025, c’est le Sheraton Nouakchott qui est inauguré en grande pompe par le président Ghazouani lui-même : premier hôtel de marque internationale dans le pays, propriété de la société publique des Grands Hôtels de Mauritanie, il ancre définitivement Nouakchott sur la carte du tourisme d’affaires en Afrique de l’Ouest.
C’est dans ce mouvement de fond que s’inscrit le MH Hotel. Inauguré en 2025, établissement cinq étoiles à capitaux privés mauritaniens, il fait un pari différent de ses concurrents : celui de l’indépendance. Pas de franchise internationale, pas de charte Marriott ou Hilton à respecter. Une identité construite de zéro, avec une palette chromatique choisie, une collection d’œuvres d’art, un positionnement qui mise tout sur la cohérence de l’expérience plutôt que sur la notoriété d’une enseigne. Dans un marché où le Sheraton vient d’arriver avec le poids d’un groupe mondial, c’est un choix courageux — et, à en juger par ce qu’on y ressent, assumé jusqu’au bout.

Qu’est-ce que MH signifie ? Les initiales restent discrètes, comme l’hôtel lui-même, qui ne crie pas son existence mais laisse les murs, les lumières et les assiettes parler à sa place. Situé avenue Mokhtar Ould Daddah, en plein quartier de Tevragh Zeina — la vitrine résidentielle et diplomatique de Nouakchott — il est à cinq minutes du Stade Olympique, à quelques encablures de la télévision nationale mauritanienne et à moins de 35 minutes de l’aéroport international d’Oumtounsy. Une adresse centrale, dans une ville qui n’a pas encore fini de se construire.
Une identité visuelle hors du commun pour un hôtel de luxe à Nouakchott
Ce qui frappe en premier, c’est l’art. Pas les reproductions génériques vissées en hâte sur des murs d’hôtel, mais de vraies œuvres, choisies avec soin, qui dialoguent avec les espaces qu’elles habitent. Dans les parties communes, une peinture abstraite mêle ocre rouille, gris ardoise et éclats noirs, comme une vue de port sous orage. Dans les étages, un triptyque au-dessus du lit — trois panneaux qui forment ensemble un tourbillon d’orange et de brun sombre, quelque chose qui ressemble à la surface de Mars vue de très près — donne à la chambre une âme que la literie seule n’aurait pas suffit à créer.





Et puis il y a la sculpture. Sur la grande table de réunion, posée sur un socle de marbre noir veiné, une pièce en bronze aux lignes torsadées : on pourrait y voir une flamme, une vague, un oiseau en mouvement. Elle est là, au milieu des prises électriques encastrées et des chaises en cuir crème, et elle n’a pas l’air déplacée. C’est le signe que quelqu’un a vraiment réfléchi à la question de ce que doit ressentir un espace.
Le mobilier suit la même logique : des chaises en tissu sable aux pieds en bois foncé, des banquettes bicolores orange-beige dans la salle de petit déjeuner, des fauteuils club en cuir terracotta dans les espaces lounge. Rien ne jure. Tout se répond.
La lumière mauritanienne, matériau de construction au MH Hotel Nouakchott
Il faut parler de la lumière, parce que le MH Hotel en a fait quelque chose d’inhabituel. Au dernier étage — celui où se trouve l’espace restaurant panoramique — de grandes baies vitrées laissent entrer le soleil de Mauritanie, ce soleil blanc et dur qui, à certaines heures, ressemble plus à un projecteur qu’à une source naturelle. Pour l’apprivoiser, l’hôtel a opté pour des voilages fins qui le filtrent sans le bannir.

Le résultat : des stries d’ombre et de lumière qui traversent la salle en diagonale le matin, zèbrent les fauteuils orange, glissent sur les tables en bois et donnent à l’ensemble une qualité presque cinématographique. On vient prendre son petit déjeuner, et on se retrouve à observer ce spectacle gratuit pendant de longues minutes, oubliant son café.
Par les fenêtres, Nouakchott s’étend à perte de vue dans sa géographie plate et ocre. Des toits, des antennes, des palmeraies éparses, et l’horizon qui se perd dans la brume de chaleur. C’est une vue qui ne ressemble à aucune autre. Elle ne rivalise pas avec une vue sur la Seine ou sur le port de Copenhague, elle a sa propre vérité, brute et sans artifice
La table du MH Hotel : une ambition culinaire assumée
Le MH Hotel dispose de deux restaurants. L’un en rez-de-chaussée, avec son comptoir à expresso professionnel (une machine rouge cerise qui trône comme une sculpture parmi les étagères alvéolées en bois clair), son présentoir à pâtisseries et son comptoir glacé — l’espace café-brasserie, pensé pour les déjeuners rapides et les pauses de travail. L’autre en hauteur, panoramique, pour les petits déjeuners et les dîners.
Le matin, le buffet joue la carte de l’ouverture : croissant doré, omelette roulée moelleuse, chou rouge vinaigrette, carottes râpées, pommes de terre sautées, jus frais. Sur un écran mural, défilent les propositions : petit déjeuner américain, continental, halal. Cette cohabitation tranquille de formats et de cultures alimentaires dit quelque chose sur ce que l’hôtel cherche — une clientèle internationale dans un pays à 100 % musulman, une table qui ne choisit pas entre les traditions mais les accueille toutes.









Le soir, la cuisine monte d’un cran. Un plat de poissons et fruits de mer en cocotte en fonte noire, sauce tomate dense aux herbes, moules entrouvertes sur le rebord, crevettes noyées dans le jus — une recette généreuse, sans chichi, qui tient plus du port que du palace, et qui a beaucoup plus de personnalité que ce à quoi on pourrait s’attendre. C’est le genre de plat dont on se souvient précisément parce qu’il ne cherchait pas à épater.
Les chambres : finition haute et caractère affirmé
La chambre est grande. Pas démesurément, mais avec suffisamment d’espace pour que la tête de lit orange cannelée — ses panneaux verticaux qui évoquent un orgue ou un paravent japonais — existe vraiment dans la pièce sans écraser le reste. La literie est ferme et blanche, les oreillers doubles, le plaid de pied en gros tweed anthracite. Deux appliques rondes noires en guise de liseuses. Pas de fioriture superflue.
Le dressing est une surprise : une pièce entière, murs en bois miel, étagères du sol au plafond, un simple cintre au milieu qui dit « installe-toi ». Ce n’est pas un meuble, c’est une invitation à durer. La salle de bain double vasques en pierre grise, robinetterie en chrome mat, peignoir épais accroché près de la cabine de douche, serviettes brodées aux initiales de l’hôtel — tout est en ordre, propre, fonctionnel et bien pensé.
Ce qui retient l’attention dans le couloir, ce sont les portes. En bois couleur cuivre foncé, encadrées de marbre gris clair aux veines bleues, elles ont la sobriété de certains objets de luxe qui n’ont pas besoin d’en faire plus pour convaincre. Un détail, et pourtant on y revient.





Pour qui voyage-t-on au MH Hotel Nouakchott ?
La question mérite d’être posée, parce que le MH Hotel ne ressemble pas à un hôtel de transit. Sa salle de réunion équipée de prises électriques encastrées dans le marbre noir, ses connexions WiFi décrites partout comme ultra-rapides, son service de navette aéroport disponible 24h/24 — tout ça dit clairement : clientèle d’affaires internationale, cadres en mission, délégations diplomatiques.
Mais il y a quelque chose de plus dans l’atmosphère générale, une attention portée à l’expérience sensible — les œuvres d’art, la lumière, les textures, la vaisselle blanche et ronde du restaurant — qui dit aussi autre chose. Ce n’est pas un hôtel qui se contente de remplir une fonction. Il semble vouloir marquer les esprits. Pour le voyageur curieux qui passe par Nouakchott sans s’arrêter aux clichés, c’est exactement la bonne base.
En conclusion — Pensées d’Angénic
Angénic, Voyageuse obstinée, observatrice sans concession, collectionneuse d’expériences vraies.
Le MH Hotel Nouakchott n’est pas parfait — rien ne l’est, et c’est d’ailleurs ce qui distingue les vrais voyages des brochures. Mais il a quelque chose d’assez rare : une cohérence. Entre le parti pris décoratif et la table, entre la chambre et les espaces communs, entre l’ambition affichée et ce qu’on ressent réellement en y séjournant. Nouakchott n’est pas encore sur toutes les listes de destinations de luxe. Ça viendra. En attendant, le MH Hotel est déjà là, posé dans son quartier de Tevragh Zeina, à regarder la ville grandir par ses grandes baies vitrées.
Angénic, Voyageuse obstinée, observatrice sans concession, collectionneuse d’expériences vraies.
« Celui qui ne voyage pas ne connaît pas la valeur des hommes. » — Proverbe maure, Mauritanie
Ce n’est pas une invitation au tourisme. C’est une philosophie. Celle d’un peuple qui a traversé des siècles de désert, de caravanes et de rencontres improbables, et qui sait mieux que quiconque ce que l’on gagne à s’arrêter ailleurs, chez d’autres, même le temps d’une nuit.
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Sources et liens utiles pour préparer votre séjour à Nouakchott
MH Hotel Nouakchott — Site officiel https://www.mhhotel.com/
MH Hotel Nouakchott — Réserver sur Booking.com https://www.booking.com/hotel/mr/mh.html
MH Hotel Nouakchott — Hotels.com https://www.hotels.com/ho3914793952/mh-hotel/
Office National du Tourisme de Mauritanie — Visit Mauritania https://visitmauritania.com/office-national-du-tourisme/
Tourisme en Mauritanie — Ambassade de Mauritanie à Paris https://ambarimparis.fr/tourisme-en-mauritanie/
Office du Tourisme mauritanien (site institutionnel) http://www.tourisme-mauritanie.mr/office/index.php/fr/
Mauritanie — Présentation touristique, Petit Futé https://www.petitfute.com/p158-mauritanie/c1173-visites-points-d-interet/c1213-office-de-tourisme/





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