Le soleil se levait sur Colombo ce dimanche 21 avril 2019. Dans les églises du Sri Lanka, des milliers de fidèles s’étaient rassemblés pour célébrer Pâques, la fête la plus sacrée du christianisme. Les enfants portaient leurs plus beaux vêtements. Les familles priaient ensemble, rendant grâce pour la résurrection du Christ.
Puis l’enfer s’est déchaîné.

Le Sunday bloody Sunday du Sri Lanka

À 8h45, une première explosion a déchiré l’église Saint-Antoine de Colombo. Quelques secondes plus tard, l’église Saint-Sébastien de Negombo était frappée à son tour. Puis l’église de Zion à Batticaloa. Simultanément, trois hôtels de luxe — le Shangri-La, le Cinnamon Grand et le Kingsbury — étaient ciblés.
Six bombes. Près de 200 morts. Des centaines de blessés. Des familles entières décimées en pleine prière.

Une statue de Jésus-Christ éclaboussée de sang à la suite de l'attentat en Sri Lanka en 2019.

Une statue de Jésus-Christ éclaboussée de sang à la suite de l’attentat en Sri Lanka en 2019.

«C’était une rivière de sang», a déclaré N. A. Sumanapala, un commerçant près de l’église, qui a déclaré qu’il avait couru à l’intérieur pour aider. « Le prêtre est sorti et il était couvert de sang. » Selon les rapports, deux des six attaques ont été menées par des kamikazes. 

Le déroulement des attaques

Des cibles symboliques

Les terroristes avaient choisi leurs objectifs avec une précision glaçante. Les églises représentaient le christianisme en prière. Les hôtels de luxe symbolisaient l’Occident et le tourisme international. Frapper le jour de Pâques ajoutait une dimension symbolique insupportable à ce carnage.

Selon les rapports officiels, au moins deux des six attaques ont été perpétrées par des kamikazes. L’attentat du Shangri-La a été commis par Zahran Hashim, un prédicateur radical identifié comme le cerveau de l’opération. L’explosion de l’église de Batticaloa a été l’œuvre d’un individu se faisant appeler Abou Mohammad.

Attentats du Sri Lanka- article de presse.

Attentats du Sri Lanka- article de presse.

Un pays meurtri qui croyait à la paix

Le Sri Lanka sortait à peine de décennies de guerre civile entre le gouvernement et les Tigres tamouls. Ce conflit, qui avait fait plus de 100 000 morts entre 1983 et 2009, semblait appartenir au passé. Le pays reconstruisait son économie, attirait les touristes, regardait vers l’avenir.

Ces attentats ont brisé cet espoir fragile. Ils ont rappelé cruellement que la violence peut resurgir n’importe où, n’importe quand, sous des formes nouvelles et imprévisibles.

La religion instrumentalisée

Quand les assassins invoquent Dieu

Comment des êtres humains peuvent-ils massacrer des innocents en prière en prétendant accomplir une volonté divine ? Cette question hante chaque tragédie de ce type.

Ces terroristes se croient pieux. Ils s’imaginent servir le Très-Haut. En réalité, ils n’obéissent qu’à celui qui est en bas — à leurs propres démons, à leur soif de destruction, à la haine qu’on leur a inculquée.

Relisez vos livres saints ! Quand Dieu veut punir, il s’en charge seul. Le feu du ciel sur Sodome, le déluge, les plaies d’Égypte — jamais il n’a demandé à une de ses créatures d’aller en massacrer une autre.

L’exemple d’Abraham oublié

L’histoire d’Abraham et Isaac devrait servir de leçon à tous les fanatiques. Quand Abraham, obéissant aveuglément, leva son couteau sur son propre fils, que se passa-t-il ? Dieu arrêta son bras. Il lui montra un bélier pour le sacrifice. Le message était limpide : je ne veux pas de sacrifice humain.

Et le commandement « Tu ne tueras point » ? Ces mots figurent dans la Torah, la Bible et le Coran. Ils traversent les trois religions abrahamiques. Aucune exégèse honnête ne peut les transformer en permission de massacrer.

La question du financement

Un pays pauvre, des bombes coûteuses

Une question lancinante se pose devant cette tragédie : qui finance ?

Le Sri Lanka est un pays pauvre. Se procurer de la nourriture y est parfois compliqué. Le salaire minimal y constitue une insulte au statut d’être humain. Des familles survivent avec quelques dollars par jour.

Pourtant, des réseaux ont trouvé les moyens d’acheter des armes sophistiquées, de fabriquer des bombes puissantes, de coordonner des attaques simultanées sur six sites différents. Une telle opération nécessite de l’argent, de la logistique, de l’expertise.

Résultats et conséquences de l'attentat-suicide à l'église Saint-Sébastien à Katuwapitiya, Negombo, Sri Lanka, Pâques 2019.. Source CNN

Résultats et conséquences de l’attentat-suicide à l’église Saint-Sébastien à Katuwapitiya, Negombo, Sri Lanka, Pâques 2019.. Source CNN

Les filières internationales

Les enquêtes ont rapidement pointé vers des connexions avec l’État islamique, qui a revendiqué les attaques. Mais au-delà de cette revendication, les questions demeurent. Quels pays, quelles organisations, quels individus fortunés financent ces réseaux de mort ?

L’argent du terrorisme traverse les frontières plus facilement que les réfugiés qui fuient les guerres. Il emprunte des circuits bancaires opaques, des transactions en cryptomonnaies, des associations écrans. Tant que ces flux financiers ne seront pas asséchés, le terrorisme continuera de frapper.

Les victimes : des vies fauchées en prière

Familles décimées

Parmi les victimes, des familles entières. Des grands-parents venus célébrer Pâques avec leurs petits-enfants. Des parents qui tenaient leurs enfants par la main au moment de l’explosion. Des touristes venus découvrir la beauté du Sri Lanka.

Shantha Mayadunne, une célèbre cheffe cuisinière locale, est morte avec sa fille à l’hôtel Shangri-La. Dieter Kowalski, un homme d’affaires américain de 40 ans, venait d’arriver au même hôtel. Zayan Chowdhury, un petit Bangladais de 8 ans, célébrait Pâques avec sa famille.

Chaque nom cache une histoire, des rêves interrompus, des proches dévastés.

Réaction internationale suite à l'attentat suicide au Sri Lanka

Réaction internationale suite à l’attentat suicide au Sri Lanka

Les survivants traumatisés

Pour ceux qui ont survécu, les blessures dépassent les corps. Les images, les sons, les odeurs de ce dimanche de mort les hanteront toute leur vie. Le traumatisme se transmet parfois aux générations suivantes.

Les sauveteurs eux-mêmes, qui n’ont pas ménagé leurs efforts, porteront ces souvenirs. Extraire des corps d’enfants des décombres d’une église laisse des cicatrices invisibles mais profondes.

La foi malgré tout

Persécutés mais debout

« Bénis soient les persécutés à cause de leur foi, car le Royaume des cieux leur appartient »

Ces paroles de Jésus dans l’Évangile selon Matthieu. 5.10 ✝️ prennent une résonance particulière après de telles tragédies.

Les chrétiens du Sri Lanka, minorité dans un pays majoritairement bouddhiste, ont montré une dignité remarquable. Malgré la douleur, malgré la peur, ils sont retournés dans leurs églises. Ils ont refusé de laisser la terreur les éloigner de leur foi.

Une statue brisée mais un symbole debout

Dans les décombres de l’église Saint-Antoine, une statue de la Vierge Marie a été retrouvée, mutilée mais encore reconnaissable. Cette image a fait le tour du monde. Elle symbolise une foi que les bombes peuvent blesser mais jamais détruire.

La violence prétend anéantir. Elle ne fait souvent que renforcer ce qu’elle voulait éteindre.

En conclusion – Pensées d’Angénic

Nos cœurs et nos pensées accompagnent les victimes de ces attentats barbares. Nous pensons aux familles endeuillées qui ont perdu des êtres chers en ce jour qui aurait dû être celui de la joie pascale. Nous pensons aux survivants qui porteront toute leur vie les stigmates de cette matinée d’horreur. Nous pensons aux sauveteurs qui ont couru vers le danger pour extraire des corps des décombres.

Cette tragédie nous rappelle une vérité dérangeante : des êtres humains peuvent commettre les pires atrocités en se croyant investis d’une mission divine. Ils manipulent les textes sacrés, ignorent les commandements fondamentaux, transforment la foi en instrument de mort.

Pourtant, je refuse de céder au désespoir. Pour chaque fanatique qui détruit, des milliers de croyants de toutes confessions prient pour la paix. Pour chaque bombe qui explose, des mains se tendent pour reconstruire. La lumière finit toujours par percer les ténèbres les plus épaisses.

Que la mémoire des victimes soit honorée. Que justice soit rendue. Et que nous trouvions collectivement la force de combattre les financiers de la haine, ceux qui arment les bras des assassins depuis l’ombre confortable de leurs palais.

La foi véritable unit. Seule sa perversion divise et tue.

Sources

 

Copyright 2019  Angie Paris Rues Méconnues Officiel. 1997-2019

 

 #ceylonroots #srilanka #travel#nature #srilankatravel #colombo #wearesrilankans #prayforsrilanka#united #strongasone#please #not #again
#pleasenotagain #prayforsrilanka #enoughisenough#srilanka

Sur le même sujet

« Les manifestations iraniennes de 2022 : Un tournant pour la démocratie ? »

Written by Angie

Comments are closed.