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Grèce en flammes : Face à l’urgence des incendies, comment la solidarité s’organise-t-elle ?

Le ciel d’Athènes, d’habitude d’un bleu azur implacable, était devenu une chape ocre et étouffante. Des cendres fines, résidu des vies et des forêts calcinées, recouvraient les balcons comme une première neige sinistre. À quelques dizaines de kilomètres de la capitale, dans les régions d’Attique, d’Eubée et du Péloponnèse, un enfer se déchaînait.

L’été 2018 restera dans les mémoires comme celui où la Grèce a brûlé avec une violence inouïe, confrontant le pays à une tragédie à multiples facettes : humaine, écologique, patrimoniale et économique. Ce récit n’est pas celui d’une observatrice sur place, mais celui d’une personne unie par la sidération et le chagrin, compulsant les nouvelles, cherchant désespérément comment aider à distance, et souhaitant relayer avec rigueur l’ampleur du désastre et les moyens concrets d’y répondre. C’est une chronique de la solidarité face au chaos.

Grèce L’ampleur du désastre : un pays sous les flammes

Pour comprendre la gravité de la situation, il faut se figurer l’échelle. Les incendies de l’été 2023 ont été décrits par les autorités comme les pires jamais enregistrés dans l’histoire moderne du pays depuis plusieurs décennies.

La grèce brûle -Sky Uk

Rien que sur la période critique de fin juillet, plus de 50 000 hectares de forêts, de broussailles et de terres agricoles sont partis en fumée, selon les données compilées par le Service européen Copernicus de surveillance de l’atmosphère. Les images satellites montraient une nation parsemée de dizaines de foyers actifs, les panaches de fumée visibles depuis l’espace.

Le bilan humain, toujours provisoire, est lourd et glaçant. Les derniers bilans officiels faisaient état de plus de 20 morts, un chiffre qui ne rend que partiellement compte de l’horreur. Les sauveteurs ont découvert des corps dans des voitures ou près de maisons, des personnes surprises par la rapidité foudroyante des flammes.

Des centaines de personnes ont dû être évacuées en urgence par la mer, fuyant les villages du littoral attique où le feu dévalait les collines vers la Méditerranée. Des milliers d’autres ont tout perdu, leurs maisons réduites en cendres, ne possédant plus que les vêtements qu’ils portaient lors de leur fuite.

Cette catastrophe est systémique. Elle frappe les vies humaines, avec des familles décimées et des communautés traumatisées. Elle est une tragédie animale, avec une faune sauvage carbonisée et des milliers d’animaux d’élevage péri.

Population évacuée -The Guardian

C’est un désastre écologique à moyen et long terme, avec des écosystèmes entiers détruits et un risque accru d’inondations et de glissements de terrain une fois les pluies revenues. Enfin, c’est une catastrophe patrimoniale.

La Grèce, berceau de notre histoire commune, voit menacés des sites archéologiques et des monuments inestimables. Des incendies se sont approchés de l’ancienne Olympie, du site de l’Acropole d’Athènes a été brièvement enveloppé de fumée, et des forêts historiques ont été réduites en cendres.

Pourquoi une telle intensité ? Le cocktail explosif du changement climatique

Les incendies sont un phénomène naturel et saisonnier en Méditerranée. Mais l’intensité, la durée et l’étendue de ceux de 2018 ne sont pas « normales ». Elles sont la manifestation directe et tangible du changement climatique, créant les conditions idéales pour des « mégafeux ».

Trois facteurs principaux se sont conjugués :

  1. Une canicule extrême et prolongée : La Grèce a subi des vagues de chaleur successives, avec des températures atteignant et dépassant les 40°C pendant des jours, parfois des semaines. Cette chaleur dessèche la végétation, la transformant en combustible idéal.
  2. Une sécheresse historique : Un hiver et un printemps anormalement secs ont privé les sols et les plantes de leurs réserves en eau. La « sécheresse agricole » était si avancée que même les plantes habituellement résistantes sont devenues vulnérables.
  3. Des vents violents et changeants : Les forts vents du nord, les « meltemia », ont activement alimenté les incendies, les faisant progresser à une vitesse terrifiante – jusqu’à plusieurs kilomètres à l’heure – et changeant de direction de manière imprévisible, piégeant habitants et pompiers.

Cette combinaison transforme un départ de feu, qu’il soit d’origine criminelle, accidentelle ou naturelle, en une tornade de flammes incontrôlable. Les scientifiques, comme ceux du CNRS travaillant sur la méditerranéisation du climat, alertent : ces conditions vont devenir de plus en plus fréquentes. La Grèce, et avec elle tout le bassin méditerranéen, est en première ligne d’un nouveau régime d’incendies pour lequel les pays ne sont pas encore pleinement préparés.

Population luttant contre les feux. Bomb gr

L’heure de la solidarité : comment aider concrètement depuis la France ou la Grèce

Face à une telle ampleur, le sentiment d’impuissance peut être écrasant. Pourtant, une solidarité organisée et ciblée est non seulement possible mais cruciale. Voici les canaux vérifiés et sérieux pour apporter une aide directe.

Depuis l’étranger (dons financiers) :
Le don financier reste le moyen le plus efficace et flexible pour les organisations sur le terrain, qui peuvent acheter exactement ce dont elles ont besoin, au moment où elles en ont besoin.

Depuis la Grèce (dons en nature et de sang) :
Pour ceux qui sont sur place, l’aide prend d’autres formes, tout aussi vitales.

Vigilance et recommandations :

Incendies meurtriers en Grèce.

Incendies meurtriers en Grèce: Comment aider ?

Voici une liste de moyens pour vous aider sur le terrain 

Si vous vivez à l’étranger

Médecins du Monde 

Faites un don. 
Ci dessous les coordonnées des comptes bancaires de Médecins du Monde Grèce :
National Bank of Greece IBAN: GR27 0110 1410 0000 1412 9611 217 / SWIFT/BIC: ETHNGRAA / Branch: KIFISIA 141
Alpha Bank IBAN: GR06 0140 1990 1990 0200 2002 401 / SWIFT/BIC: CRBAGRAAXXX / Branch: VRILISSION 199
Piraeus Bank IBAN: GR03 0172 0180 0050 1800 5706 640 / SWIFT/BIC: PIRBGRAA / Branch: Platea Attikis 2018 / Account holder address: Sapfois 12, Athens, 10553

La Croix Rouge Grecque

Un compte bancaire a été ouvert afin de pouvoir y déposer des donsz 
Eurobank IBAN: GR64 0260 2400 0003 1020 1181 388 / SWIFT/BIC: ERBKGRAAXXX / Branch: KORAI 240 / Account holder Address: Likavittou 1, Athens-Kolonaki, 10672

Municipalité de Rafina-Pikermi

La municipalité de Rafina-Pikermi, l’une des régions les plus touchées par les incendies, a annoncé l’ouverture d’un compte en collaboration avec Piraeus Bank, acceptant des dons pour ceux qui souhaitent contribuer.
Piraeus Bank ΙΒΑΝ: GR20 0172 1860 0051 8609 2291 418 / SWIFT/BIC: PIRBGRAA / Branch: Rafina 2186 / Account holder address: Arathinidon Alon 12, Rafina, 19009

En conclusion – Pensées d’Angénic

Écrire ces lignes le cœur serré, à des milliers de kilomètres des collines calcinées de Grèce, est un exercice de lucidité douloureuse. On voudrait trouver les mots qui apaisent, les phrases qui reconstruisent. Mais face à la violence du feu, les mots semblent dérisoires. Pourtant, ils sont notre premier lien, notre premier geste de présence.

Ma pensée va à ces paysages de pinèdes et d’oliveraies que j’aime tant, réduits à des forêts de squelettes noircis dressés vers le ciel. Elle va aux familles qui errent dans les décombres de leur maison, cherchant un objet, un souvenir, un signe de la vie d’avant. Elle va aux pompiers, visages burinés par la fatigue et la suie, qui se battent sans relâche contre un ennemi protéiforme et sans pitié. Elle va à ce patrimoine qui nous relie tous, à cette terre antique qui a tant vu et qui aujourd’hui souffre.

Cette catastrophe n’est pas un simple fait divers estival. C’est un signal d’alarme strident, un avant-goût d’un futur qui, si nous ne changeons rien, deviendra notre présent commun sous d’autres latitudes. La solidarité d’aujourd’hui est indispensable pour panser les plaies. Mais elle doit s’accompagner d’une prise de conscience radicale pour demain. Aider la Grèce à se reconstruire, c’est aussi soutenir, partout dans le monde, les politiques qui luttent contre le dérèglement climatique à la racine.

Le feu finira par s’éteindre, vaincu par le courage des hommes ou par l’épuisement du combustible. L’été, lui, reviendra. Et avec lui, le risque. Alors, ne détournons pas le regard une fois les flammes éteintes. Gardons en mémoire l’odeur de cendre, la douleur des déplacés, le ciel obscurci. Faisons de cette mémoire un moteur pour l’action, une exigence de solidarité constante et une détermination à protéger ce fragile équilibre entre l’homme et la nature. La Grèce brûle, et c’est une part de notre histoire commune, de notre environnement méditerranéen, qui part en fumée. Il est temps d’éteindre, aussi, notre indifférence.

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