St Valentin : bla bla bla. Bouquets d’excuses, repas en amoureux, croisières romantiques et grandes déclarations qui durent, qui durent… Une journée !! A croire que les autres 364 jours de l’année, je vous fais grâce du calcul avec les années bissextiles, il n’y a pas d’amour. Voilà la question : Où est l’Amour ? Qu’est-ce que l’Amour ? « Un bruit qui court » chante Zazie.
Février arrive. Avec lui, son cortège de cœurs en plastique rouge, ses vitrines tapissées de rose bonbon, ses publicités pour des bijoux hors de prix, ses restaurants qui doublent leurs tarifs le 14 au soir. La machine marketing de la Saint-Valentin se met en marche, implacable, prévisible, agaçante.
Quand Cupidon Devient Vendeur
D’autres encore nous en parlent avec des trémolos dans la voix, des regrets, de la colère ou de la peur. Mais où est l’Amour ? Comment le définit-on aujourd’hui ?
Entre coups marketing juteux, coups de canif dans le « je jure fidélité » et autres pulsions, notre ère moderne a-t-elle perdu de vue le sens de ce mot ? Faut-il sauver l’Amour ? Nous sommes-nous égarés, oubliés, perdus ? Sommes-nous tombés ?
L’Amour Jetable : L’Ère du Consommable
Tandis que de nos jours, à l’ère du « jetable », l’autre est devenu au même titre que l’ordinateur que l’on change tous les ans, un véritable objet de consommation, car nous projetons sur lui un désir insatiable et souvent inconscient.
Notre époque a tout transformé en marchandise. Les relations n’échappent pas à cette logique. Les applications de rencontre fonctionnent exactement comme des catalogues : on swipe à gauche, on swipe à droite, on trie, on élimine, on cherche le produit parfait.
L’autre est évalué selon des critères précis : taille, poids, niveau d’études, revenus, passions compatibles avec les miennes. On dresse une liste de caractéristiques indispensables, comme on choisirait les options d’une voiture. Et si le modèle présente un défaut, on le retourne à l’envoyeur et on en commande un autre.
Cette mentalité consumériste appliquée aux relations humaines a des conséquences dévastatrices. On zappe à la moindre difficulté. On abandonne dès que ça devient moins excitant. On cherche perpétuellement mieux ailleurs, persuadés que l’âme sœur parfaite existe quelque part, qu’il suffit juste de swiper assez longtemps pour la trouver.
Alors oui forcément lorsque la réalité frappe, la désillusion est dure et l’on tombe… en désamour autant qu’en désaveu.
Nous construisons des châteaux de fantasmes. Nous projetons sur l’autre tous nos désirs, toutes nos attentes, toutes nos blessures non guéries. Nous voulons qu’il ou elle comble nos manques, répare notre enfance blessée, nous rende enfin complets.
Et quand la personne réelle – avec ses défauts, ses humeurs, ses contradictions, sa vie complexe – apparaît derrière le fantasme, nous sommes déçus. Choqués même. « Ce n’est pas ce que j’avais commandé ! » Alors on jette, on recommence, on recommande.
Cette course perpétuelle vers un amour idéalisé qui n’existe pas épuise. Elle crée une génération de célibataires chroniques, enfermés dans des exigences impossibles, terrifiés par l’engagement, toujours en quête de la perfection introuvable.
Le Piège de la Projection
Nous projetons sur l’autre un désir insatiable et souvent inconscient. Cette phrase mérite qu’on s’y arrête.
Inconsciemment, nous cherchons souvent à revivre des schémas familiaux. La femme dont le père était distant choisira un homme émotionnellement indisponible. L’homme dont la mère était critique épousera une femme exigeante. Nous rejouons nos blessures d’enfance, espérant cette fois obtenir l’amour qui nous a manqué.
Nous projetons aussi nos parties refusées. Si je me perçois comme trop sérieux, je tomberai amoureux de quelqu’un de spontané et léger. Si je me crois faible, j’admirerai la force de l’autre. Nous cherchons chez l’autre ce que nous n’osons pas être nous-mêmes.
Et nous projetons nos idéaux. Nourris de films romantiques, de chansons d’amour, de romans à l’eau de rose, nous avons des attentes irréalistes. Nous voulons la passion éternelle, l’harmonie parfaite, la compréhension totale sans jamais avoir à expliquer.
Quand ces projections s’effondrent – et elles s’effondrent toujours – nous accusons l’autre de nous avoir trompés, changés, déçus. Alors que c’est nous qui avions placé sur ses épaules des attentes impossibles à porter.
Saint-Valentin Sortir de l’Illusion : Ouvrir les Yeux
Pour éviter de sombrer pour cause d’illusions perdues, laissez Cupidon au vestiaire, jetez vos Harlequin, et faites appel à votre cœur autant que votre raison.
Cette phrase est radicale mais nécessaire. Cupidon, ce petit dieu ailé qui lance ses flèches au hasard, symbolise l’amour subi, l’amour accident, l’amour qui nous tombe dessus sans qu’on y puisse rien.
Les romans Harlequin, avec leurs intrigues prévisibles où le milliardaire ténébreux finit toujours par épouser la secrétaire timide après une série de malentendus, construisent des attentes complètement déconnectées du réel.
Aimer avec le cœur ET la raison. Voilà un concept révolutionnaire dans notre culture qui oppose systématiquement ces deux instances. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » disait Pascal. Belle phrase, mais dangereuse si on l’interprète comme un blanc-seing pour les décisions irrationnelles.
Le cœur sans la raison, c’est la passion destructrice, l’aveuglement, les choix catastrophiques qu’on regrette amèrement. La raison sans le cœur, c’est le mariage de convenance glacial, l’union calculée sans chaleur.
Mais le cœur ET la raison ensemble ? C’est l’amour lucide. C’est choisir quelqu’un en voyant clairement ses défauts ET en décidant que ces défauts sont acceptables, voire attachants. C’est reconnaître que la passion initiale va s’apaiser ET choisir de construire quelque chose de plus profond.
Marcher dans l’Amour : Le Choix Conscient
Ne tombez pas amoureux, marchez dans l’amour au côté de l’être chéri avec les yeux grands ouverts, en choisissant de gravir chaque marche de votre chemin de vie.
Cette image est magnifique. Marcher plutôt que tomber. Avancer côte à côte plutôt que s’écraser. Gravir consciemment plutôt que dégringoler involontairement.
Marcher implique un mouvement volontaire. Un pas après l’autre. On décide de la direction. On adapte son rythme à celui de l’autre. On s’arrête quand l’un est fatigué. On reprend quand on a repris des forces.
Marcher ensemble, c’est reconnaître qu’on va dans la même direction sans pour autant fusionner. Chacun garde ses deux jambes, son équilibre propre, tout en synchronisant son pas avec l’autre.
Et cette mention des « yeux grands ouverts » est cruciale. Pas d’aveuglement volontaire. Pas de déni des signaux d’alerte. Pas d’excuses perpétuelles du style « il changera » ou « elle ne le pense pas vraiment ».
Les yeux grands ouverts signifient : je vois qui tu es réellement, pas qui je voudrais que tu sois. Je vois tes défauts, tes limites, tes zones d’ombre. Et je choisis quand même de marcher à tes côtés.
Le Libre Arbitre : Notre Pouvoir de Choisir
Si certaines choses dans nos vies sont actées, nous avons le libre arbitre. Nous pouvons choisir avec clairvoyance et sagesse.
Cette phrase touche à une question philosophique et spirituelle profonde. Qu’est-ce qui est déterminé dans nos vies et qu’est-ce qui relève de notre choix ?
Nous ne choisissons pas notre famille d’origine, notre lieu de naissance, nos premières années de vie. Nous ne choisissons pas certains événements qui nous arrivent : maladies, accidents, pertes.
Mais nous choisissons comment nous réagissons à ce qui nous arrive. Nous choisissons nos valeurs, nos engagements, nos priorités. Et surtout, nous choisissons avec qui nous partageons notre vie.
Ce pouvoir de choisir est immense. Il implique une responsabilité totale. On ne peut plus dire « je suis tombé amoureux », comme si l’amour était une maladie qui nous aurait contaminés malgré nous. On doit dire « j’ai choisi d’aimer cette personne », avec tout ce que cela implique.
Choisir avec clairvoyance et sagesse demande de se connaître soi-même. Quels sont mes besoins réels, au-delà de mes désirs superficiels ? Quelles sont mes blessures non guéries qui risquent de contaminer la relation ? Quelles sont mes valeurs non négociables ?
Et cela demande de connaître l’autre. Vraiment. Pas l’image qu’il projette lors des premiers rendez-vous. Pas la version idéalisée que j’ai construite dans ma tête. Mais la personne réelle, dans son quotidien, avec ses amis, dans ses moments de stress, de fatigue, de vulnérabilité.
Saint-Valentin collage source Pinterest
Accepter l’Autre : Défauts Compris
Alors choisissez l’Autre avec discernement, en vous rappelant que ces défauts qui vous hérissent tant sont les mêmes qui vous ont fait craquer.
Cette observation est brillante et souvent vérifiée dans la réalité des couples.
Son côté spontané et insouciant qui vous a charmé au début ? C’est le même trait de caractère qui se manifestera par son incapacité à planifier quoi que ce soit, vous laissant gérer toute l’organisation du quotidien.
Sa force et son assurance qui vous rassuraient ? C’est aussi ce qui en fait quelqu’un de têtu, qui a du mal à admettre ses torts, qui veut toujours avoir raison.
Sa sensibilité et son empathie qui vous touchaient ? C’est ce qui la rend aussi facilement blessée, susceptible, parfois trop émotive pour votre goût rationnel.
Les défauts et les qualités ne sont pas des entités séparées. Ce sont les deux faces d’une même médaille. On ne peut pas garder les qualités en éliminant les défauts. C’est un package deal.
Comprendre cela change tout. On arrête d’essayer de changer l’autre. On arrête de se plaindre de traits de caractère qui sont fondamentalement liés à ce qui nous a attirés en premier lieu. On accepte, vraiment, totalement.
Conscient de cela, vous choisirez celui ou celle que vous aimez, un million de fois, dans un million de vies… vous le (la) chercherez et vous le (la) choisirez.
Cette promesse est celle de l’amour véritable. Pas l’amour passion qui flambe et s’éteint. Pas l’amour besoin qui étouffe et dévore. Mais l’amour choix, renouvelé consciemment, encore et encore.
Un million de fois. Dans un million de vies. C’est l’image de l’éternité, de l’engagement absolu. C’est dire : même si je connaissais la fin de l’histoire, même si je savais toutes les épreuves que nous traverserions, je te choisirais quand même.
La Chute : Métaphore Universelle de l’Amour
En français on dit tomber amoureux, au Québec on dit tomber en amour, en Angleterre que l’on fall in love. Aussi attendrissantes que soient ces expressions, elles en disent long… On tombe. Avec le risque de casser quelque chose, parfois de manière irrémédiable.
Cette métaphore de la chute traverse les langues, les cultures, les époques. Tomber amoureux. Comme si l’amour était nécessairement une perte de contrôle, un accident, quelque chose qui nous arrive malgré nous. Comme si aimer revenait à trébucher, perdre l’équilibre, s’écraser.
Oser Dire : Le Courage de l’Amour
Pour conclure je dirais : si vous aimez quelqu’un, dites-le lui. N’ayez pas peur du ridicule.
Notre époque paradoxale est à la fois obsédée par l’amour et terrorisée par sa déclaration. On peut passer des heures à liker des photos sur Instagram, à analyser la signification de trois points de suspension dans un SMS, mais dire simplement « je t’aime » devient une montagne insurmontable.
La peur du ridicule nous paralyse. Peur d’aimer plus que l’autre. Peur d’être vulnérable. Peur du rejet. Alors on joue des jeux, on maintient une distance stratégique, on attend que l’autre se déclare en premier.
Et pendant ce temps, la vie passe.
La vie est trop courte pour passer à côté de celui ou celle qui mettra du soleil dans votre quotidien. Parce que le vrai ridicule est de se priver et ne jamais dire à l’être aimé à quel point il ou elle compte.
Le vrai ridicule n’est pas de déclarer son amour et d’être rejeté. C’est de mourir avec des « et si… » plein le cœur. C’est de regarder en arrière à 80 ans et de regretter de ne pas avoir pris le risque. C’est de laisser l’orgueil, la peur ou la fierté nous priver de ce qui donne du sens à nos vies.
Dire son amour demande du courage. Une bravoure tranquille mais réelle. C’est accepter de se mettre à nu émotionnellement, de donner à l’autre le pouvoir de nous blesser, de risquer le rejet.
Mais c’est aussi le seul chemin vers l’amour authentique. Les relations construites sur des non-dits, des jeux de pouvoir, des stratégies de séduction sont vouées à l’échec. L’amour vrai exige la vérité.
Saint-Valentin- L’Amour vainc tout
Saint-Valentin: vous Comptez, Le Message Universel.
Rappelez-vous que même si vous pensez n’avoir aucune importance : VOUS comptez beaucoup pour quelqu’un.
Cette phrase s’adresse à tous ceux qui se sentent invisibles, insignifiants, sans valeur. À ceux qui pensent que personne ne remarquerait leur absence. À ceux qui croient que leur amour ne change rien à la vie de personne.
C’est faux. Profondément, radicalement faux.
Vous comptez pour vos parents, même si vous êtes en conflit avec eux. Vous comptez pour vos amis, même si vous ne vous voyez qu’une fois par an. Vous comptez pour ce collègue qui apprécie votre présence même s’il ne le dit jamais. Vous comptez pour cette personne que vous avez aidée il y a des années et qui s’en souvient encore.
Et surtout, vous pouvez compter énormément pour quelqu’un que vous n’avez pas encore rencontré. Cette personne qui cherche exactement ce que vous êtes. Cette personne qui vous reconnaîtra quand vos chemins se croiseront.
Votre existence a de la valeur. Votre amour a de l’importance. Vous méritez de donner et de recevoir de l’amour, pas l’amour toxique, pas l’amour conditionnel, mais l’amour vrai, l’amour choisi, l’amour qui fait grandir.
La Saint-Valentin
En conclusion – Pensées d’Angénic
La Saint-Valentin commerciale passera, comme elle passe chaque année. Les bouquets faneront, les chocolats seront mangés, les restaurants retrouveront leurs tarifs normaux.
Mais l’amour, le vrai, celui qui se vit 365 jours par an, celui qui se construit pas à pas, celui qui se choisit consciemment chaque matin, celui-là reste.
Ce texte est une invitation à changer de paradigme. Arrêter de tomber. Commencer à marcher. Arrêter de consommer. Commencer à construire. Arrêter de fantasmer. Commencer à voir.
L’amour n’est pas un accident qui nous arrive malgré nous. L’amour n’est pas une maladie dont on guérit. L’amour n’est pas un produit qu’on échange quand il ne nous satisfait plus.
L’amour est un choix. Le plus beau, le plus difficile, le plus important des choix. Un choix qu’on renouvelle chaque jour, dans les moments de joie comme dans les moments d’épreuve, quand c’est facile comme quand c’est dur.
Nos grands-parents avaient peut-être raison sur un point : l’amour ne vient pas toujours en premier. Parfois il se construit, patiemment, pierre après pierre, jour après jour. Le respect, la confiance, la complicité, la tendresse : tout cela peut naître du choix conscient de construire ensemble.
Alors pour ce mois de février, pour cette Saint-Valentin et toutes les autres, pour tous les jours ordinaires qui constituent la vraie vie : choisissez l’amour lucide. Choisissez de marcher ensemble. Choisissez de dire ce que vous ressentez. Choisissez la vérité plutôt que les jeux. Choisissez la construction plutôt que la consommation.
Et si vous avez la chance d’avoir trouvé quelqu’un qui vous choisit en retour, qui marche à vos côtés les yeux ouverts, qui vous voit vraiment et vous aime quand même : dites-le lui. Aujourd’hui. Maintenant. Sans attendre une date sur le calendrier.
Je vous souhaite de passer un mois de février bien au chaud avec l’être aimé. Mais surtout, je vous souhaite de choisir l’amour, encore et encore, un million de fois, dans un million de vies.
Angénic
Sources et Liens Cliquables
Psychologies Magazine – Amour et Relations
https://www.psychologies.com/Couple
Articles et analyses sur les relations amoureuses contemporaines
Le Monde – Rubrique Couple et Sexualité
https://www.lemonde.fr/
Articles sociologiques sur l’évolution des relations amoureuses
Institut Français de Thérapie de Couple
https://www.iftcc.org/
Ressources professionnelles sur la construction des relations durables
France Culture – Série sur l’Amour
https://www.radiofrance.fr/franceculture
Émissions et podcasts philosophiques sur l’amour et les relations
Cerveau & Psycho – Relations Amoureuses
https://www.cerveauetpsycho.fr/
Études scientifiques en français sur la psychologie des relations
Philosophie Magazine – Dossiers Amour
https://www.philomag.com/
Réflexions philosophiques sur l’amour, le couple et l’engagement
INED – Institut National d’Études Démographiques
https://www.ined.fr/fr/
Statistiques et études sur les couples et la vie familiale en France
Cairn.info – Revues Sciences Humaines
https://www.cairn.info/
Articles académiques francophones sur sociologie du couple et de l’amour
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