Ce samedi 13 octobre 2018, j’ai rejoint les milliers de marcheurs qui ont envahi les rues de France. Une journée gravée dans ma mémoire. L’air vibrait d’espoir et de détermination. Des familles, des étudiants, des retraités : tous unis pour une même cause. Le climat.
Nous sommes dans un camion géant roulant à tombeau ouvert droit dans le mur et tout le monde se chamaille pour savoir où s’asseoir.
Ce samedi 13 octobre 2018, je me suis levée avec une certitude. Je devais être là. Dans la rue. Avec les autres. Le rapport du GIEC venait de tomber quelques jours plus tôt. Ses conclusions glaçantes résonnaient encore dans ma tête. Nous avions douze ans pour agir. Douze petites années avant l’irréversible.
En arrivant sur le lieu de rassemblement, j’ai eu le souffle coupé. Une marée humaine. Des visages de tous âges, de tous horizons. Des pancartes brandies avec rage et espoir mêlés. « Il n’y a pas de planète B ». « Changeons le système, pas le climat ». Ces mots simples portaient toute notre angoisse et notre détermination.
Cette journée marquait un tournant. Pour la première fois, la France se levait massivement pour le climat. Plus de 100 000 personnes dans les rues de 80 villes. Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes. Partout, la même ferveur. La même urgence.
J’ai voulu comprendre ce qui avait poussé tant de citoyens à marcher ce jour-là. Quelles étaient leurs motivations profondes. Ce qu’ils espéraient vraiment. Voici mon témoignage et mon analyse de cette mobilisation historique.
Une mobilisation citoyenne sans précédent
Le 13 octobre 2018, la France s’est levée. Dans plus de 80 villes, les citoyens ont envahi les rues. Paris a rassemblé la plus grande foule. Entre 18 000 et 50 000 personnes selon les sources. Le cortège s’étirait de République à l’Hôtel de Ville. Une rivière humaine colorée et déterminée.
À Lyon, ils étaient 15 000. À Marseille, 7 000. À Bordeaux, 6 000. À Nantes, 5 000. Des chiffres impressionnants pour une mobilisation née sur les réseaux sociaux. Sans syndicat ni parti politique à l’origine. Juste des citoyens ordinaires qui avaient décidé de dire stop.
J’ai marché à Paris ce jour-là. L’ambiance était indescriptible. Une joie mêlée de colère. Une fraternité instantanée entre inconnus. On se souriait. On échangeait. On partageait nos inquiétudes et nos espoirs. Des conversations s’engageaient spontanément. Un retraité m’a raconté comment il avait vu les saisons changer en cinquante ans. Une étudiante m’a parlé de son angoisse pour l’avenir. Une mère expliquait à ses enfants pourquoi ils étaient là.
Les pancartes rivalisaient de créativité. Certaines faisaient rire. « Make our planet great again ». « La Terre est plus chaude que Léo DiCaprio ». D’autres glaçaient le sang. « Vous parlez de notre avenir, nous parlons de notre survie ». « Désolés pour le dérangement, on essaie de sauver le monde ». Chaque pancarte racontait une histoire. Une prise de conscience. Un engagement.
Marche pour le climat afin de préserver cette planète qui se meurt
Les visages de la marche
Ce qui m’a le plus marquée, c’était la diversité des marcheurs. Aucune catégorie sociale, aucune tranche d’âge n’était absente. J’ai croisé des familles entières. Des grands-parents tenant la main de leurs petits-enfants. Des bébés en poussette, trop jeunes pour comprendre mais déjà concernés. Des adolescents en bande, smartphones en main pour documenter l’événement.
J’ai discuté avec Marie, 67 ans, venue de Chartres pour l’occasion. Elle m’a dit quelque chose qui m’a bouleversée. « Je ne marche pas pour moi. À mon âge, je ne verrai probablement pas le pire. Mais mes petits-enfants, eux, le vivront. Et ça, je ne peux pas l’accepter. » Ses yeux brillaient de larmes contenues. Cette transmission intergénérationnelle de l’inquiétude et de l’engagement m’a profondément émue.
Plus loin, un groupe d’agriculteurs brandissait une banderole. « Paysans en danger climatique ». Ils témoignaient des réalités du terrain. Les vendanges de plus en plus précoces. Les nappes phréatiques qui s’épuisent. Les insectes pollinisateurs qui disparaissent. Pour eux, le changement climatique n’était pas une projection future. C’était leur quotidien depuis des années.
Des scientifiques étaient également présents. Reconnaissables à leurs pancartes citant des données précises. Ils avaient quitté leurs laboratoires pour descendre dans la rue. Un acte militant inhabituel pour cette profession. Mais le temps de la neutralité était révolu. La science avait parlé. Il fallait maintenant que les citoyens et les politiques écoutent.
Cette planète à besoin de plus de gens impliqués et prêtes à la défendre. N’oublions pas que nous n’en avons qu’une seule et l’action humaine est la plus destructrice et disruptive. Comme si les hommes avaient oublié qu’ils ne sont que des locataires temporaires. Mais l’appât du gain, la bêtise et la paresse se sont certainement chargés d’effacer quelques neurones.
L’organisation : le pouvoir des réseaux sociaux
Cette marche n’est pas née de nulle part. Elle a été organisée en quelques semaines grâce à la puissance des réseaux sociaux. Tout a commencé par un appel lancé sur Facebook. Maxime Lelong, un citoyen ordinaire, avait créé l’événement « Marche pour le climat ». En quelques jours, des dizaines de milliers de personnes avaient cliqué sur « Participe ».
Le collectif « Il est encore temps » a coordonné les différentes marches à travers la France. Des bénévoles se sont mobilisés dans chaque ville. Ils ont obtenu les autorisations préfectorales. Organisé les parcours. Prévu les points de rassemblement. Tout cela sans budget, sans structure établie. Juste avec de la bonne volonté et une connexion internet.
Cette organisation horizontale était nouvelle. Pas de leader charismatique. Pas de parti politique derrière. Pas de syndicat à la manœuvre. Une mobilisation citoyenne pure. Certains y voyaient une faiblesse. L’absence de revendications précises. Le manque de stratégie à long terme. Moi, j’y voyais une force. La preuve que les gens ordinaires pouvaient s’organiser. Se mobiliser. Peser sur le débat public.
Les réseaux sociaux ont amplifié l’événement de façon spectaculaire. Les photos et vidéos ont inondé Twitter, Facebook et Instagram. Le hashtag #MarchePourLeClimat est devenu viral. Des célébrités ont relayé l’appel. Des médias du monde entier ont couvert l’événement. En quelques heures, la France était devenue le symbole d’une prise de conscience mondiale.
Les revendications des marcheurs
Que demandaient exactement les manifestants ? Les revendications étaient multiples mais convergeaient vers un objectif commun. Exiger des actes concrets de la part du gouvernement. Pas des promesses. Des actes.
La sortie des énergies fossiles figurait en tête des demandes. Arrêter les subventions au pétrole, au gaz et au charbon. Investir massivement dans les énergies renouvelables. Accélérer la transition énergétique. Les marcheurs réclamaient aussi une fiscalité écologique juste. Pas une taxe carbone qui pénalise les plus pauvres. Mais une taxation des plus gros pollueurs. Des entreprises comme des particuliers.
La question des transports revenait constamment. Développer les transports en commun. Favoriser le vélo et la marche. Réduire le trafic aérien. Interdire les vols intérieurs quand le train est possible. Beaucoup demandaient aussi une révolution agricole. Sortir des pesticides. Encourager le bio. Relocaliser la production alimentaire.
Certains allaient plus loin. Ils remettaient en question notre modèle économique. La croissance infinie sur une planète finie, une aberration. Le consumérisme effréné, une impasse. Ils appelaient à repenser notre rapport au monde. À la nature. À la consommation. Ces voix plus radicales côtoyaient des revendications plus modérées. C’était la richesse de cette marche. Tout le spectre de l’écologie politique était représenté.
En marche !! La vraie, celle qui compte réellement. Celle de la dernière chance. Le changement ça doit être maintenant.
La marche pour le climat: la réponse politique
Face à cette mobilisation historique, quelle a été la réponse des pouvoirs publics ? Emmanuel Macron a salué la mobilisation citoyenne. Il a reconnu l’urgence climatique. Mais les actes concrets se faisaient attendre. Le gouvernement promettait une accélération de la transition écologique. Sans calendrier précis. Sans mesures contraignantes.
François de Rugy, qui avait remplacé Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique, multipliait les déclarations. Il annonçait des mesures. La fin des plastiques à usage unique. L’interdiction du glyphosate. Le développement des énergies renouvelables. Mais les associations environnementales restaient sceptiques. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient, disaient-elles.
Cette marche a tout de même eu des effets. Elle a mis la pression sur le gouvernement. Elle a placé l’écologie au cœur du débat public. Les médias ont commencé à traiter le sujet différemment. Plus seulement comme une préoccupation marginale. Comme une urgence nationale et mondiale.
Quelques semaines plus tard, le mouvement des Gilets jaunes éclatait. Né de la contestation de la taxe carbone sur les carburants. Cette collision entre urgence écologique et justice sociale a révélé les tensions. La transition écologique ne pouvait pas se faire contre les plus modestes. Elle devait être juste. Solidaire. Accompagnée. Cette leçon, les marcheurs pour le climat l’ont retenue.
L’héritage de cette marche
La marche du 13 octobre 2018 n’était pas une fin. C’était un commencement. Dans les mois qui ont suivi, les mobilisations se sont multipliées. Les marches pour le climat sont devenues régulières. Chaque mois, des citoyens descendaient dans la rue. Le mouvement s’amplifiait au lieu de s’essouffler.
Cette marche a changé quelque chose en moi. Avant, je me sentais souvent impuissante face à l’ampleur du défi climatique. Que pouvais-je faire, moi, simple citoyenne ? Trier mes déchets ? Prendre moins l’avion ? Ces gestes me semblaient dérisoires face aux émissions des multinationales et des États.
Ce 13 octobre, j’ai compris que je n’étais pas seule. Nous étions des dizaines de milliers à partager les mêmes inquiétudes. Les mêmes espoirs. La même volonté d’agir. Cette force collective m’a redonné de l’énergie. De l’espoir aussi, malgré la gravité de la situation.
J’ai aussi pris conscience de la diversité du mouvement écologiste. Des approches différentes cohabitaient. Les partisans de la décroissance côtoyaient ceux du capitalisme vert. Les végans marchaient à côté des chasseurs inquiets pour la biodiversité. Cette diversité pouvait sembler une faiblesse. J’y voyais plutôt une richesse. La preuve que l’écologie concernait tout le monde. Transcendait les clivages habituels.
En rentrant chez moi ce soir-là, j’étais épuisée mais heureuse. Mes pieds me faisaient mal. Ma voix était cassée à force d’avoir crié les slogans. Mais mon cœur était léger. J’avais participé à quelque chose de grand. De beau. D’historique.
En Conclusion – Pensées d’Angénic
Cette marche du 13 octobre 2018 restera gravée dans les mémoires. Plus de 100 000 personnes réunies dans toute la France, c’était du jamais vu. J’ai senti ce jour-là que quelque chose changeait profondément dans notre société. Les pancartes colorées, les slogans scandés, les visages déterminés. Impossible de rester indifférente face à cette vague humaine.
Ce qui m’a frappée, c’est la diversité des marcheurs. Des grands-parents avec leurs petits-enfants. Des étudiants aux côtés de cadres en costume. Des agriculteurs, des enseignants, des soignants. Tous conscients que l’urgence climatique nous concerne tous, sans exception.
Le rapport du GIEC publié quelques jours avant avait sonné l’alarme. Nous n’avions plus le luxe d’attendre. Cette marche était notre réponse collective. Notre façon de dire aux dirigeants que nous exigions des actes, pas des discours.
Depuis ce jour, le mouvement n’a fait que s’amplifier. D’autres marches ont suivi. Des associations se sont renforcées. La prise de conscience s’est élargie. Le chemin reste long, mais cette journée d’octobre a prouvé une chose : ensemble, nous pouvons faire bouger les lignes
Sources
Le Monde – Marche pour le climat octobre 2018 https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/10/13/marche-pour-le-climat-des-dizaines-de-milliers-de-personnes-dans-les-rues-en-france_5368889_3244.html
France Info – Mobilisation nationale du 13 octobre 2018 https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/marche-pour-le-climat_2984637.html
ADEME – Changement climatique et transition écologique https://www.ademe.fr/changement-climatique
Ministère de la Transition Écologique – Lutte contre le réchauffement climatique https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/lutte-contre-changement-climatique
Rapport du GIEC 2018 – Réchauffement à 1.5°C https://www.ipcc.ch/sr15/
Réseau Action Climat France https://reseauactionclimat.org/
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