« En avril, ne te découvre pas d’un fil » dit le proverbe. Sage conseil de nos anciens, aujourd’hui noyé sous les slogans publicitaires. Car avril marque le début d’une torture saisonnière. Celle des couvertures de magazines promettant le corps parfait. Celle des régimes miracles et des cures détox. Celle de la culpabilisation organisée à grande échelle.
En Avril, ne te découvres pas d’un fil dit le dicton populaire. Elle est oubliée cette sagesse de nos campagnes au profit des campagnes publicitaires
Mais qui a décidé que nos corps devaient se conformer à un idéal unique ? Qui profite de notre mal-être ? Et surtout, comment nous libérer de cette emprise toxique ?

En Avril, Résistons à la Dictature des Régimes : Célébrons Nos Corps

Le mois de toutes les pressions

Avril. Le printemps s’installe. Les bourgeons éclosent. Les jours rallongent. Et avec eux, une avalanche prévisible déferle dans les kiosques.

« Plus qu’un mois pour être belle en maillot ! »

« Perdez vos kilos de l’hiver ! »

« Le dernier régime détox qui fonctionne vraiment ! »

« Gagnez votre maillot siglé ! »

Ces titres, nous les connaissons par cœur. Chaque année, la même rengaine. Chaque printemps, la même injonction. Chaque avril, la même culpabilisation.

Pas un seul magazine féminin n’échappe à cette tradition. Cette obsession collective. Cette manie de nous rappeler que nos corps, apparemment, ne conviennent pas. Qu’ils doivent être corrigés. Modifiés. Amincis.

Pauvres de nous. Nous voici arrivées dans le mois du début de la torture annuelle.

Une conspiration bien orchestrée

À y regarder de plus près, tout cela ressemble à une conspiration. Une alliance tacite entre différents acteurs aux intérêts convergents.

Les grands laboratoires pharmaceutiques d’abord. Ceux qui fabriquent les pilules coupe-faim. Les compléments alimentaires. Les substituts de repas. Leur chiffre d’affaires explose au printemps.

Les designers de mode ensuite. Ceux qui créent des vêtements pour des corps qui n’existent pas. Des tailles impossibles. Des silhouettes irréelles. Leurs mannequins faméliques deviennent nos références.

Les magazines féminins également. Ceux qui nous vendent du rêve inaccessible. Qui créent le problème et proposent la solution. Qui entretiennent notre insatisfaction chronique.

Les psys frustrés enfin. Ceux qui théorisent sur nos complexes. Qui pathologisent nos courbes. Qui transforment notre normalité en problème à résoudre.

Ensemble, ils forment une machine bien huilée. Une industrie du mal-être. Un commerce de l’insécurité corporelle.

Pourtant qu’il serait simple de nous libérer si nous apprenions à aimer nos corps avec nos courbes, nos formes, nos marques qui sont les résultats de combats, d’expériences de vie, des preuves de maternité, que l’on a survécu.
Ceux sont les signes des battantes.

Avril tous les corps sont beaux. artiste Sergle

Avril tous les corps sont beaux. artiste Sergle

Le lavage de cerveau fonctionne

Et le pire dans tout cela ? La grande majorité d’entre nous, femmes, y croyons. Nous gobons ces messages toxiques. Nous les intégrons. Nous les faisons nôtres.

La preuve que le lavage de cerveau fonctionne : qui ne s’est pas mise à la diète au moins une fois ? Qui n’a jamais suivi un régime « parce que c’est à la mode » ?

Levez la main, celles qui n’ont jamais compté leurs calories. Celles qui n’ont jamais pesé leurs portions. Celles qui n’ont jamais culpabilisé après un dessert. Celles qui n’ont jamais regardé leur reflet avec déception.

Nous sommes conditionnées dès l’enfance. Les poupées Barbie aux proportions impossibles. Les princesses Disney à la taille de guêpe. Les héroïnes de séries toujours minces et parfaites.

Ce conditionnement se poursuit à l’adolescence. Les magazines pour ados. Les réseaux sociaux. Les influenceuses retouchées. Les photos parfaites d’une vie qui ne l’est pas.

À l’âge adulte, le système est ancré. Nous nous comparons sans cesse. Nous nous jugeons sévèrement. Nous nous trouvons insuffisantes.

Les ravages de cette industrie

Cette industrie du complexe fait des ravages. Des dégâts considérables sur notre santé physique et mentale.

L’anorexie touche de plus en plus de femmes. De plus en plus jeunes. Cette maladie mortelle trouve ses racines dans ces injonctions à la maigreur.

La boulimie également. Ce cercle vicieux de privation et de compensation. Cette relation destructrice avec la nourriture.

Les troubles alimentaires en général explosent. Orthorexie. Restriction cognitive. Obsession calorique. Autant de pathologies nées de cette culture toxique.

Et au-delà des troubles cliniques, le mal-être ordinaire. Cette insatisfaction permanente. Cette honte de soi. Ce rejet de son propre corps.

Combien de femmes évitent la plage ? Combien refusent de se montrer en maillot ? Combien se privent de vivre par peur du regard des autres ?

Nos corps racontent nos histoires

Pourtant, qu’il serait simple de nous libérer. Si seulement nous apprenions à aimer nos corps. Tels qu’ils sont. Avec leurs courbes. Leurs formes. Leurs marques.

Ces marques que nous cachons honteusement sont des témoignages. Les résultats de combats. Les traces d’expériences de vie. Les preuves de maternité.

Ces vergetures sur nos ventres ? Elles racontent des grossesses. Des vies données. Des miracles accomplis.

Ces cicatrices sur nos peaux ? Elles parlent de survie. De résilience. De batailles gagnées.

Ces bourrelets tant détestés ? Ils témoignent de repas partagés. De moments de joie. De vie pleinement vécue.

La révolution est en marche

D’ailleurs, ne nous y trompons pas. La révolte contre le diktat de la maigreur a démarré. Depuis longtemps déjà. Et elle prend de l’ampleur.

Aujourd’hui, hommes comme femmes plébiscitent les formes. Les courbes afro-callipyges de Jennifer Lopez font des millions d’admirateurs. Iggy Azalea assume ses rondeurs avec fierté. Ces femmes sont régulièrement classées parmi les plus belles et désirables.

Le regard change. Les standards évoluent. La diversité corporelle gagne du terrain.

Quand les médias changent

Le très sérieux,  sexy et réputé magazine Sport Illustrated connu pour mettre en couverture des lianes longilignes aux corps identiques,

Avril couverture  classique du magazine Sports Illustrated-Copyright Sports IllustratedCe magazine est réputé pour ses couvertures emblématiques. Des éditions spéciales maillots de bain. Traditionnellement, il mettait en vedette des lianes longilignes. Des corps identiques. Des silhouettes standardisées.

Puis le changement est venu. Sports Illustrated a fait sa révolution. En mettant en couverture Ashley Graham. Mannequin grande taille. Femme aux courbes assumées. Beauté différente des standards habituels.

Ce choix a fait sensation. Il a provoqué des débats. Il a ouvert des portes. Il a prouvé que la beauté n’a pas de taille unique.

Avril couverture du magazine Sports Illustrated-Copyright Sports Illustrated

Avril couverture du magazine Sports Illustrated-Copyright Sports Illustrated

Le mouvement body positive

Le mouvement body positive prend de l’ampleur. Partout dans le monde. Sur tous les continents. Dans toutes les cultures.

Ce mouvement nous invite à accepter nos corps. À les célébrer. À les aimer inconditionnellement. Quelles que soient leurs formes. Quelles que soient leurs tailles.

Des hashtags fleurissent sur les réseaux sociaux. #BodyPositive. #LoveYourBody. #AllBodiesAreGoodBodies. Des millions de publications célèbrent la diversité corporelle.

Des marques s’engagent dans cette voie. Dove et sa campagne « Real Beauty ». Aerie qui refuse de retoucher ses mannequins. Des initiatives qui changent progressivement le paysage médiatique.

Les artistes s’engagent

Les artistes aussi portent ce message. L’artiste Serge célèbre tous les corps dans ses œuvres. Toutes les morphologies. Toutes les beautés.

Son travail nous rappelle une vérité fondamentale : tous les corps sont beaux. Les grands. Les petits. Les minces. Les ronds. Les marqués. Les lisses.

L’art a toujours célébré la diversité corporelle. Les Vénus préhistoriques aux formes généreuses. Les odalisques de Rubens. Les baigneuses de Renoir. La maigreur comme idéal est une invention récente.

Résister au quotidien

Comment résister concrètement à cette pression ? Comment se libérer de ces injonctions toxiques ?

D’abord, en prenant conscience du système. En identifiant les messages culpabilisants. En les déconstruisant. En refusant de les intégrer.

Ensuite, en changeant notre dialogue intérieur. En remplaçant la critique par la bienveillance. En parlant à notre corps comme à une amie. Avec douceur. Avec respect.

Également, en diversifiant nos sources d’inspiration. En suivant des comptes body positive. En s’entourant de représentations variées. En normalisant la diversité corporelle.

Enfin, en transmettant ces valeurs. À nos filles. À nos sœurs. À nos amies. En créant une chaîne de bienveillance corporelle.

À bas les coupe-faim

Alors, à bas le pack coupe-faim ! Ces pilules qui promettent des miracles. Ces poudres qui remplacent les repas. Ces gélules qui fondent soi-disant la graisse.

Conservez votre argent. Ces produits coûtent cher. Pour des résultats inexistants. Ou des effets secondaires dangereux.

Conservez surtout votre santé. Ces produits perturbent votre métabolisme. Ils créent des carences. Ils fragilisent votre organisme.

Les régimes restrictifs ne fonctionnent pas. Les études le prouvent. 95% des personnes reprennent le poids perdu. Souvent avec des kilos en plus. L’effet yo-yo détruit le corps plus sûrement que les kilos.

Manger avec joie

Plutôt que de vous priver, réapprenez à manger. Avec plaisir. Avec conscience. Avec gratitude.

Écoutez votre corps. Ses signaux de faim. Ses signaux de satiété. Faites-lui confiance. Il sait ce dont il a besoin.

Savourez vos repas. Prenez le temps. Appréciez les textures. Les saveurs. Les parfums. Transformez chaque repas en moment de bonheur.

Cuisinez avec amour. Pour vous. Pour les vôtres. Des plats qui nourrissent le corps et l’âme.

Un avril différent

Cette année, vivons un avril différent. Un avril de résistance. Un avril de libération.

Ne regardons plus ces couvertures toxiques. Ne les achetons plus. Privons-les de notre attention. De notre argent. De notre pouvoir.

Regardons-nous avec bienveillance. Dans le miroir, cherchons ce qui nous plaît. Ce qui nous rend uniques. Ce qui fait notre beauté singulière.

Célébrons nos corps tels qu’ils sont. Aujourd’hui. Maintenant. Sans attendre de perdre ces fameux kilos.

Un mois gourmand

Je vous souhaite de passer un mois d’avril pimpant. Joyeux. Lumineux comme le printemps qui s’installe.

Je vous souhaite un mois gourmand. Des repas savoureux. Des desserts assumés. Des plaisirs non coupables.

Je vous souhaite un mois de liberté. Libérées des injonctions. Libérées de la culpabilité. Libérées du regard des autres.

Sortez. Profitez du soleil. Montrez vos bras. Vos jambes. Votre peau. Sans honte. Sans excuse.

Car votre corps vous appartient. Il vous a portée jusqu’ici. Il mérite votre amour. Votre respect. Votre gratitude.

En conclusion – Pensées d’Angénic

« En avril, ne te découvre pas d’un fil. » Ce vieux proverbe parlait de météo. De prudence face aux giboulées de printemps.

Mais aujourd’hui, il prend un autre sens. Ne te découvre pas. Ne te mets pas à nu devant ces jugements. Ne t’expose pas à ces regards toxiques. Protège-toi de cette industrie du mal-être.

Ou alors, découvre-toi autrement. Découvre ta propre beauté. Découvre la force de ton corps. Découvre la liberté d’être toi-même.

Coupons l’herbe sous le pied de ces grands groupes. Ces destructeurs d’ego. Ces fabricants d’anorexie. Ces marchands de complexes.

Conservons notre argent. Conservons notre santé. Conservons notre joie de vivre.

Car la vraie beauté ne se mesure pas en centimètres de tour de taille. Elle ne se compte pas en calories. Elle ne s’achète pas en pharmacie.

La vraie beauté, c’est cette lumière qui brille quand nous nous aimons. Cette confiance qui rayonne quand nous nous acceptons. Cette paix qui émane quand nous faisons la paix avec notre reflet.

Coupons l’herbe sous le pied de ces grands groupes destructeurs d’ego cause d’anorexie, conservez votre argent et votre santé.
Je vous souhaite de passer un mois d’Avril pimpant et gourmand

Alors cet avril, soyons révolutionnaires. Aimons-nous. Simplement. Profondément. Inconditionnellement.

Namaste

Angie

Sources

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