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Assassinat de la marquise de Ganges en 1667: la vérité au-delà des fables

Le 17 mai 1667, une femme à peine vêtue courait pieds nus dans les rues de Ganges, les cheveux épars, le regard égaré. Elle criait : « Je suis empoisonnée ! Au secours ! » Cette femme n’était autre que Diane de Joannis, marquise de Ganges, l’une des plus belles femmes de son temps. Elle tentait d’échapper à ses propres beaux-frères qui venaient de l’empoisonner et s’apprêtaient à l’achever à coups d’épée. Ce drame épouvantable allait avoir un retentissement européen et hanter la mémoire collective pendant des siècles.

N’avez-vous pas lu l’histoire de la marquise de Ganges? Du moins, n’avez-vous pas entendu parler de ce drame? Il eut, au XVIIe siècle, un retentissement européen, et son fatal dénouement épouvanta la petite ville de Ganges, dans la soirée du 17 mai 1667

Depuis cette époque, les chroniques, les histoires, les biographies, les romans, les manuscrits, les pièces inédites ont tour à tour essayé de faire la lumière et de déterminer la part de responsabilité qui revient à chacune des personnalités engagées dans cette cause tristement célèbre. Si l’empressement a été égal de part et d’autre, le succès n’a pas été le même pour tous!

Alexandre Dumas avait là une belle occasion d’intéresser et de séduire son monde aux dépens de la vérité. II n’a eu garde d’y manquer, dans ses Crimes célèbres. Quel merveilleux conteur, et comme il sait, avec art, d’une plume légère.
Mêler le grave au doux, le plaisant au sévère offrant ainsi à ses lecteurs (ce sont ses propres expressions) la comédie après le drame. Quand Dumas chausse ses grandes bottes de sept lieues, il y a plaisir vraiment à le voir cheminer à travers la forêt historique. Avec lui on a toujours des sensations terribles; on pleure, on frémit, on a peur, on se sent emporté dans une course vertigineuse. Malheureusement lui aussi passe toujours à côté, et Petit-Poucet échappe et se sauve toujours.
Notre intention n’est pas de donner ici une nomenclature complète des ouvrages parus sur la Marquise de Ganges. Signalons seulement aux amateurs la bonne Histoire de la Marquise de Ganges que publia, en 1810, un écrivain plus autorisé, car il était de la famille celui-là, le comte de Fortia d’Urban. Nous leur recommandons surtout I’excellente notice du premier président Aragon (Diane de Joannis, marquise de Ganges, sa vie, sa mort tragique).

Cette affaire m’a happée dès les premières lignes des archives de la Revue du Midi de 1892. Comment deux hommes de haute naissance, issus d’une des familles les plus considérables du Languedoc, ont-ils pu commettre un crime aussi abject contre leur propre belle-sœur ? La réponse se trouve dans les méandres de la passion dévorante, de la convoitise refusée et de l’orgueil blessé.

Une beauté fatale dans une famille prestigieuse

Diane de Joannis était née sous une bonne étoile, ou du moins le croyait-on. Issue d’une famille noble de Provence, elle possédait une beauté qui faisait tourner les têtes et alimentait les conversations dans tous les salons de France. Son premier mariage avec le marquis de Castellane lui avait apporté fortune et position. Veuve jeune, elle épousa en secondes noces Charles de Vissec de la Tude, marquis de Ganges.

Image: Diane de Joannis, marquise de Ganges

La maison de Ganges était l’une des plus anciennes et des plus respectées du Languedoc. Déjà seigneuriale au XIIIe siècle, elle venait de recevoir une distinction suprême : Louis XIV avait érigé la baronnie en marquisat en 1665, deux ans seulement avant le drame. Cette famille portait haut ses armoiries et veillait jalousement sur l’éclat de son blason.
Charles de Vissec semblait être un bon parti. Il offrait à Diane un titre prestigieux, un château imposant et une place enviable dans la société languedocienne. Mais le mariage comportait une ombre menaçante : les deux frères du marquis, l’Abbé et le Chevalier de Ganges.


L’Abbé, malgré son surnom, n’avait jamais prononcé de vœux ecclésiastiques. Il portait ce titre par habitude, vestige d’une carrière religieuse avortée. Le Chevalier, lui, avait embrassé la carrière des armes sans y trouver ni gloire ni fortune. Ces deux hommes vivaient dans l’ombre de leur frère aîné, dépendants de sa générosité, rongés par l’envie et les désirs inassouvis.


Dès l’arrivée de Diane au château de Ganges, les deux frères posèrent sur elle un regard qui n’avait rien de fraternel. Sa beauté les envoûta. Sa vertu les défia. Son indifférence les blessa. Ils formèrent alors une alliance aussi dépravée qu’inimaginable : séduire ensemble leur belle-sœur et déshonorer ainsi le chef de leur propre famille.

La répugnance d’une femme vertueuse

Diane perçut rapidement le danger. Elle manifesta une répugnance visible à résider au château de Ganges, préférant de loin les séjours à Avignon ou à Montpellier. Cette attitude, loin d’être capricieuse, témoignait d’une lucidité remarquable sur les intentions de ses beaux-frères.

Les avances des deux hommes se firent de plus en plus pressantes. Tantôt séducteurs, tantôt menaçants, ils ne lui laissaient aucun répit. Diane résista avec une constance qui forçait l’admiration. Elle repoussa toutes leurs tentatives, préservant son honneur malgré les pressions constantes.

Cette résistance, au lieu de décourager l’Abbé et le Chevalier, attisa leur fureur. L’amour repoussé se mua en haine. La passion frustrée engendra la cruauté. Ils décidèrent que si cette femme refusait de leur appartenir, elle ne serait à personne. La mort seule pourrait effacer l’affront qu’elle leur infligeait par sa vertu même.

Le marquis Charles, époux de Diane, semble avoir été étrangement absent de ce drame qui se nouait sous son propre toit. Les sources historiques restent floues sur son rôle exact. Était-il aveugle aux manœuvres de ses frères ? Complice passif ? Ou simplement impuissant face à leur détermination criminelle ? Cette question hante encore les historiens.

Le piège mortel du 17 mai 1667

Le printemps 1667 touchait à sa fin quand les deux frères décidèrent de passer à l’acte. Ils avaient minutieusement préparé leur crime, s’assurant la complicité de certains domestiques et choisissant le moment où le marquis serait absent du château.

Ce soir-là, Diane se trouvait dans ses appartements quand on lui apporta une boisson. Elle ne se méfia pas immédiatement. Peut-être était-ce une tisane, un cordial ordinaire. Elle but. Le goût étrange l’alerta trop tard. Le poison commençait déjà son œuvre dans ses entrailles.

Comprenant qu’elle venait d’être empoisonnée, Diane fit preuve d’un courage extraordinaire. Plutôt que de s’effondrer et d’attendre la mort, elle décida de fuir. Elle se précipita vers la fenêtre et sauta, au péril de sa vie. Cette fenêtre existe encore aujourd’hui à Ganges, témoin muet de la bravoure d’une femme aux abois.

À peine vêtue, pieds nus, les cheveux défaits, elle courut dans les rues du village en criant qu’on l’avait empoisonnée. Des passants, stupéfaits par ce spectacle, la firent entrer chez un certain sieur des Prats. La dame Brunelle, épouse du pasteur protestant de la localité, lui administra du contre-poison qu’elle avala avidement.

La poursuite meurtrière

L’Abbé et le Chevalier, informés par un domestique nommé Depéret de l’évasion de leur victime, accoururent aussitôt. Ils tentèrent d’abord de donner le change, prétendant que la marquise souffrait de « vapeurs hystériques » et qu’ils venaient la protéger. Mais leur attitude trahissait leurs véritables intentions.

Le Chevalier, constatant que le poison n’avait pas produit tout son effet, abandonna toute dissimulation. Il tira son épée et se rua sur sa belle-sœur. Dans la maison même où elle avait trouvé refuge, sous les yeux horrifiés des témoins, il lui porta plusieurs coups.

Les personnes présentes tentèrent d’intervenir, mais trop tardivement. Le mal était fait. Diane gisait dans son sang, le corps percé de multiples blessures. Les deux frères, croyant l’avoir achevée, s’éloignèrent précipitamment. Ils disparurent dans la nuit, ne laissant derrière eux que le chaos et l’horreur.

Une agonie de dix-neuf jours

Diane de Joannis ne mourut pas immédiatement. Son organisme, bien que ravagé par le poison et les coups d’épée, résista pendant dix-neuf jours. Elle demanda et reçut les derniers sacrements avec une piété qui émut tous ceux qui l’assistaient dans son agonie.

Jusqu’à son dernier souffle, le 5 juin 1667, elle maintint son innocence et sa dignité. Elle pardonna « à tous ses ennemis, qui voulaient lui ravir l’honneur et la vie », prenant Dieu à témoin de la pureté de sa conduite. Ces paroles, prononcées sur son lit de mort, achevèrent de faire d’elle une martyre aux yeux de l’opinion publique.

La nouvelle du crime se répandit comme une traînée de poudre à travers la France puis l’Europe entière. Comment une femme de si haute naissance avait-elle pu être assassinée par ses propres beaux-frères ? L’horreur du crime, la beauté de la victime, la lâcheté des meurtriers, tout concourait à faire de cette affaire un scandale retentissant.

Une justice impuissante

Les deux assassins avaient pris la fuite dès leur forfait accompli. Grâce à l’inertie inexplicable de la justice locale, ils purent échapper aux premières poursuites. On peut s’interroger sur cette passivité des autorités. La puissance de la famille de Ganges, ses relations dans la magistrature, ses protections politiques jouèrent-elles un rôle ? Les sources ne permettent pas de trancher définitivement.

L’Abbé et le Chevalier empruntèrent des chemins détournés pour gagner le littoral méditerranéen. Ils firent halte au château de Soubeyras, dans la commune de Gorniès dans l’Hérault, avant de s’embarquer au Grau de Palavas. La mer les mit hors de portée de la justice française.

Le Parlement de Toulouse finit par les condamner, mais par contumace seulement. La sentence était terrible : être roués vifs. Cette peine, l’une des plus cruelles du répertoire judiciaire de l’Ancien Régime, consistait à briser les membres du condamné sur une roue avant de l’y laisser mourir. Mais cette condamnation resta lettre morte puisque les coupables avaient fui le royaume.

L’exil et les fins mystérieuses

Le bruit courut que les deux frères s’étaient réfugiés à Venise, cette République qui accueillait volontiers les proscrits de toute l’Europe. On prétendit qu’ils avaient pris du service dans les armées vénitiennes, alors engagées dans une guerre contre les Turcs pour la possession de la Crète.

Selon certaines sources, le Chevalier aurait été tué lors du siège de Candie en 1669, deux ans seulement après son crime. D’autres affirment que l’Abbé périt d’un éclat de bombe tandis que le Chevalier mourut dans l’explosion d’une mine. Ces fins violentes, si elles sont véridiques, auraient une saveur de justice divine pour les contemporains.

Mais une autre version, plus romanesque et peut-être plus véridique, nous est parvenue à travers les Mémoires de la marquise de Dax d’Axat. Cette source évoque un destin bien différent pour le Chevalier de Ganges.

L’ermite des gorges de Saint-Georges

Les gorges de Saint-Georges, dans l’Aude, à trois kilomètres d’Axat, forment un paysage d’une grandeur sauvage et terrible. Leurs parois vertigineuses, leur silence profond interrompu seulement par le mugissement des eaux, la rareté du soleil qui pénètre jusqu’au fond de ces abîmes, tout y évoque la pénitence et l’expiation.

Vers la fin du règne de Louis XIV, les pâtres qui seuls fréquentaient ces hauteurs désolées aperçurent un homme étrange. Grand, la tête haute malgré sa démarche, il portait un froc de capucin dont il gardait le capuce rabattu sur son visage. Cette silhouette mystérieuse effraya d’abord les bergers.

Ils le surprirent à plusieurs reprises tentant de relever les pierres écroulées d’une ancienne chapelle dédiée à Notre-Dame de Vayra. Il s’y prenait maladroitement, et les pâtres comprirent vite, en voyant ses mains blanches et fines, qu’elles n’avaient jamais connu le travail manuel.

Peu à peu, les bergers s’enhardirent. Ils lui offrirent leur aide et le lait de leurs chèvres. L’inconnu acceptait d’un signe, payant toujours avec de l’or. Parfois, ils le voyaient prosterné devant les ruines de la chapelle, se frappant rudement la poitrine en signe de contrition.

La révélation à l’évêque d’Alet

Ces étranges nouvelles parvinrent aux oreilles de l’évêque d’Alet, dont dépendaient tous les ermites de la région. Le prélat convoqua l’inconnu, mais celui-ci ignora la sommation et continua sa vie de solitaire.

Quelque temps plus tard, l’évêque vint en personne faire sa visite pastorale dans la contrée. Intrigué par ce mystère qu’il pressentait lourd de secrets, il envoya ses deux grands vicaires auprès de l’ermite. Ils ne purent voir son visage, mais l’homme accepta de se présenter à l’évêque à deux conditions : il ne parlerait qu’avec Monseigneur seul, et il conserverait son capuce baissé.

Ces conditions acceptées, l’inconnu se rendit au château du seigneur d’Axat où l’évêque séjournait. Il fut introduit dans une des salles du manoir. Des curieux, l’oreille collée aux portes, entendirent de douloureux sanglots. L’entretien fut long.

Quand l’ermite sortit, il chancelait. Le visage du prélat, lui, reflétait un mélange de pitié et d’horreur. Personne n’osa interroger l’évêque sur ce qu’il venait d’apprendre. Mais huit jours plus tard, de retour à Alet, il reçut un billet qui le déliait de la parole donnée au secret de confession.

L’ermite était parti. Nul ne le revit jamais. C’était le Chevalier de Ganges, l’un des assassins de la belle et malheureuse marquise, sa belle-sœur.

Les leçons d’un crime ancien

Cette affaire, vieille de plus de trois siècles et demi, continue de nous interpeller. Elle nous parle de la condition féminine sous l’Ancien Régime, de ces femmes belles et riches mais vulnérables, exposées aux convoitises masculines sans réelle protection.

Elle nous parle aussi de la justice de l’époque, capable de condamner à mort par contumace mais impuissante à arrêter des criminels bien nés. La fuite des deux frères, leur embarquement tranquille au Grau de Palavas, témoignent des privilèges dont jouissait la noblesse, même quand elle se rendait coupable des pires forfaits.

Elle nous parle enfin de la mémoire collective, de cette capacité des sociétés à préserver le souvenir des victimes et à maintenir vivante l’indignation face à l’injustice. Diane de Joannis est morte depuis 1667, mais son histoire continue d’émouvoir et de révolter

La marquise de Ganges un assassinat monstrueux et coeur de tensions familiales.

Les romanciers s’emparent du drame

Cette affaire, par son caractère extraordinaire, ne pouvait manquer d’attirer les écrivains. Alexandre Dumas lui consacra un chapitre de ses Crimes célèbres, y déployant tout son talent de conteur. Quel merveilleux narrateur que Dumas, sachant mêler le grave au doux, le plaisant au sévère ! Avec lui, on frémit, on pleure, on a peur, on se sent emporté dans une course vertigineuse.

Malheureusement, Dumas prend avec l’histoire des libertés considérables. Il romance, il embellit, il dramatise au-delà du nécessaire. La vérité lui sert de prétexte, jamais de contrainte. Ses lecteurs sont transportés, mais la réalité historique y perd.

Le marquis de Sade lui-même s’inspira de cette affaire pour l’un de ses récits, y trouvant matière à illustrer sa philosophie du crime et de la vertu persécutée. Sous sa plume, le drame prit des couleurs plus sombres encore, si c’était possible.

Pour qui souhaite approcher la vérité, il faut se tourner vers des sources plus fiables. Le comte de Fortia d’Urban publia en 1810 une Histoire de la Marquise de Ganges d’autant plus précieuse qu’il appartenait lui-même à la famille. Sa connaissance intime des archives familiales et des traditions orales donne à son récit une authenticité irremplaçable.

Plus remarquable encore est la notice du premier président Aragon, intitulée Diane de Joannis, marquise de Ganges, sa vie, sa mort tragique. Avec la précision d’un magistrat rompu aux affaires criminelles, l’auteur examine tous les travaux antérieurs, expose le côté historique de la question et fait revivre le drame entier avec impartialité, charme et puissance.

Une mémoire toujours vivante

L’événement dont nous avons retracé les péripéties n’est point oublié dans la contrée qui en fut le théâtre. À Ganges, on montre encore la fenêtre par laquelle sauta la courageuse jeune femme pour échapper à la fureur de ses meurtriers. Cette fenêtre est devenue un lieu de mémoire, un témoignage architectural de la bravoure féminine face à la barbarie masculine.

Le souvenir de la marquise y reste vivant, presque à l’état d’apothéose. Elle incarne la vertu persécutée, l’innocence martyrisée, la beauté sacrifiée sur l’autel de la convoitise et de la violence. Chaque génération se transmet son histoire, l’enrichissant parfois de détails apocryphes, mais préservant toujours l’essentiel : le courage d’une femme face à l’ignominie.

Les gorges de Saint-Georges, elles aussi, gardent la trace de cette histoire. Si l’ermitage de Vayra n’existe plus guère qu’à l’état de ruines, le souvenir du pénitent mystérieux hante encore ces lieux. Les randonneurs qui s’aventurent dans ces gorges profondes marchent peut-être sur les traces du Chevalier de Ganges, cherchant dans la solitude et la prière le pardon d’un crime impardonnable.

En conclusion – Pensées d’Angénic

L’histoire de la marquise de Ganges me touche profondément parce qu’elle cristallise tant d’injustices en un seul destin. Voilà une femme qui possédait tout ce que la société de son temps valorisait : la beauté, la naissance, la fortune, la vertu. Et ce sont précisément ces dons qui causèrent sa perte.

Sa beauté attisa la convoitise de ses beaux-frères. Sa vertu les humilia quand elle repoussa leurs avances. Sa fortune les tenta peut-être autant que sa personne. Son assassinat fut la réponse de deux hommes incapables d’accepter qu’une femme leur résiste.

Le courage extraordinaire dont Diane fit preuve jusqu’au bout me laisse sans voix. Empoisonnée, elle trouve la force de fuir. Poursuivie, elle court dans les rues en appelant au secours. Blessée à mort, elle survit dix-neuf jours. Et sur son lit de mort, elle pardonne à ses assassins. Cette grandeur d’âme force l’admiration.

Le Chevalier de Ganges, s’il faut croire le récit de l’ermite des gorges de Saint-Georges, aurait fini ses jours dans le remords et la pénitence. C’est une fin plus satisfaisante pour notre sens de la justice que la mort anonyme sur un champ de bataille. Imaginer cet homme, jadis si fier, se frappant la poitrine dans la solitude d’une chapelle en ruines, pleurant sur son crime devant un évêque, console un peu notre besoin de voir le mal puni.

Mais rien ne ramena Diane. Rien n’effaça le crime. La beauté et la vertu furent vaincues ce soir de mai 1667. Seule la mémoire collective a rendu justice à la marquise de Ganges, en préservant son souvenir et en faisant d’elle un symbole de l’innocence persécutée.

La fenêtre de Ganges reste ouverte sur l’histoire, rappelant à tous les passants qu’une femme courageuse sauta jadis pour sauver son honneur, sinon sa vie.

Sources et références

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