
Paris et sa PFW : un tourbillon d’émotions ! La Capitale a encore vibré au rythme effréné de la mode, et pas n’importe laquelle : le prêt-à-porter féminin, du lundi 24 février au mardi 3 mars 2020. Un événement annuel, certes, mais qui, cette fois, avait une saveur si particulière, presque étrange. Vous savez, cette parenthèse enchantée où le monde extérieur semble s’estomper, où les créateurs nous invitent à rêver, à nous évader… et pourtant, en 2020, une ombre planait discrètement sur chaque défilé, un murmure persistant que l’on ne pouvait ignorer : le coronavirus.
Malgré cette menace invisible qui commençait à pointer le bout de son nez, une sorte de défi silencieux a été relevé. Les défilés faisaient le plein, les invitations étaient toujours aussi convoitées, et l’énergie, bien que teintée d’une légère appréhension, était bel et bien là. Comme si, face à l’incertitude, la mode devenait une ancre, une promesse de beauté et d’évasion.

Paris. PFW Paris Fashion Week Fall 2020 | LOUIS VUITTON
Ce qui est absolument génial avec la Fashion Week parisienne, c’est cette alchimie unique, ce mélange détonant. Bien sûr, nous avons la chance inouïe de côtoyer l’Olympe de la mode : Chanel, St Laurent, Dior, Balmain… ces noms qui sont gravés dans nos cœurs et nos magazines, qui dictent le présent et façonnent l’imaginaire collectif. Mais Paris, c’est aussi le terrain de jeu des visionnaires, de ceux qui bousculent les codes, qui dessinent le futur immédiat de la mode avec une audace folle – je pense à des génies comme Guo Pei, Iris Van Herpen, Alex Vauthier, qui sont déjà des légendes vivantes.
Et puis, il y a cette troisième catégorie, celle qui me fait littéralement vibrer, celle qui nourrit ma passion de « dénicheuse de talents ». Ce sont ces créateurs qui émergent des coulisses, dont on ne connaît pas encore le nom par cœur, mais qui portent en eux les germes d’une révolution. Ceux dont le style est en train de s’affiner, de se définir, ou qui, tout simplement, sont sur le point d’établir leur marque personnelle dans l’histoire de la mode. C’est la partie que je préfère, ce côté exploratrice, cette sensation d’être aux premières loges d’une histoire qui s’écrit. C’est comme dénicher une pépite avant tout le monde, et ça, pour une blogueuse comme moi, c’est le summum du bonheur !
Alors, préparez-vous, car je vais vous emmener dans les coulisses de mon expérience, vous livrer mes coups de cœur, mes éblouissements, mais aussi, pour être totalement honnête avec vous, quelques petits coups de gueule qui font aussi partie du jeu. Attachez vos ceintures, on y va !
Mes Coups de Cœur et Coups de Gueule de la Paris Fashion Week F/W 2020
Paris Fashion Week : défilé Coperni. 25 Février 2020, 11h30
Ah, Coperni ! Un véritable souffle d’air frais, une douce mélodie dans le concert parfois cacophonique de la Fashion Week. Depuis leur retour sur le marché de la mode après trois années de silence, le duo parisien, Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant, nous offre une vision de la mode qui est un hymne à l’élégance pure. Leur studio, niché rue Saint Sauveur dans le 2ème arrondissement, est un laboratoire de la simplicité raffinée. Ici, pas de fioritures inutiles, pas d’artifices tapageurs. Juste des lignes pures, des coupes parfaites, une féminité assumée sans être ostentatoire. Les vêtements deviennent alors de véritables œuvres d’art, où chaque pli, chaque couture, chaque tombé est pensé avec une précision d’orfèvre.
Et cette collection n’a absolument pas fait exception à la règle. J’ai été transportée par la fluidité des silhouettes, la justesse des proportions. Des robes impeccables qui épousent le corps sans le contraindre, des tailleurs d’une précision chirurgicale qui confèrent une allure folle.
On sentait l’influence des années 90, mais revisitée avec une modernité et une fraîcheur absolues. Les accessoires étaient minimalistes mais impactants, comme ce sac « Swipe Bag » qui est déjà devenu un incontournable. C’était comme une respiration profonde au milieu du tumulte, un rappel que la vraie élégance réside souvent dans la simplicité bien maîtrisée. Un grand, grand coup de cœur pour cette vision qui nous pousse à nous sentir fortes et belles, naturellement.
@parisfashionweek by @coperni aw20 collection thanks to @lucienpagescommunication @vraimagazine #coperni .
PFW le défilé Kenneth Ize 24 Février 2020, 19h00
Un homme heureux!
Si je devais résumer le défilé de Kenneth Ize en un seul mot, ce serait : bonheur ! Un bonheur pur, contagieux, qui irradiait du podium et se répandait dans toute la salle. Pour sa toute première participation à la Fashion Week parisienne, et dans la mode féminine de surcroît, ce créateur nigérien a littéralement mis l’Afrique à l’honneur, et ce fut une célébration absolument magnifique.
Finaliste du prestigieux prix LVMH en septembre dernier, après avoir déjà captivé l’attention à la Fashion Week de Lagos, Kenneth Ize est un conteur, un gardien. Son style inimitable repose sur l’Ashoké (aso oke), un tissu tissé à la main, le plus prestigieux du peuple Yoruba du sud-ouest du Nigéria. Le nom signifie littéralement « tissu supérieur », et c’est exactement ce qu’il est : une matière d’une richesse incroyable, dont l’art ancestral est menacé. Le combat de Kenneth est aussi beau que ses créations : préserver et transmettre cet art millénaire de la taille et de la couture de l’Ashoké pour les générations futures.
Et quelle entrée en scène ! Voir les icônes Naomi Campbell et Imaan Hammam respectivement clore et ouvrir le défilé, drapées dans ces créations vibrantes, était un moment d’une puissance symbolique rare.
Au programme des réjouissances : des jupes courtes et cintrées, des pantalons coupe cigarette ajustés, des costumes traditionnels revisités avec une touche internationale, audacieuse et moderne. La soie et la dentelle venaient ponctuer le tout, apportant légèreté et sensualité, le tout accessoirisé avec les pièces élégantes de la marque autrichienne Sagan.
Les couleurs vibraient, les motifs racontaient des histoires, et l’énergie positive était palpable. C’était un défilé qui résonnait comme un cri de joie, un pont entre les cultures, et la preuve éclatante que l’artisanat peut être à la pointe de la modernité. Une très belle réussite, un coup de cœur vibrant pour son authenticité et sa vision.
Paris PFW Le défilé Kimhékim
Kimhékim, c’est la marque qui a conquis les réseaux sociaux et le cœur des afficionadas avec une signature irrésistible : des nœuds surdimensionnés sur des ballerines, accompagnés du slogan espiègle « Buy it if you can ». Un clin d’œil malicieux, entre référence cinématographique e/ou t hommage non dissimulé à la chanteuse Sia.

sia fuller et ses noeuds sur la tête, l’inspiration de la marque ou juste un clin d’oeil
C’est le genre de détail qui fait mouche, qui marque les esprits et qui inscrit un créateur dans l’air du temps.
Le créateur de la marque fondée en 2014 Kiminte Kimhekim, qui après avoir été diplôme en 2009 de Studio Bercot , a fait ses armes auprès de prestigieuses maisons de couture telles Balenciaga.
La légende veut que son nom vienne d’un des anciens royaumes en Corée. Or il en y en avait bien 3 Koguryo [Goguryeo] (고구려), Baekje (백제) et le plus petit Silla (신라) qui sous l’influence de son roi légendaire Kim sanbaekjong contribuera à l’unification des trois royaumes aidés de sa caste de guerriers -philosophes d’élite: les Hwarang. Cependant ce royaume disparaîtra vers le 10ème siècle de notre ère. Bien que ce royaume ait disparu vers le 10ème siècle, j’adore l’idée que Kiminte puisse descendre d’un de ces chefs de villages, porteur d’une histoire lointaine et fascinante. C’est cette poésie, cette part de rêve, qu’il insuffle dans ses collections.
Perso j’ai bien aimé. Cette collection-ci reprenait ses basiques – les nœuds, la démesure joyeuse – et ses excentricités. C’était un festival de volumes inattendus, de jeux de proportions, de féminité audacieuse et décalée. On sentait une véritable déclaration d’amour, non seulement pour la mode, mais aussi pour soi. « Love yourself first ♡ », comme il le dit si bien.
Il y avait des blouses gigantesques, des pantalons fluides qui flottaient comme des nuages, des détails exagérés qui, loin de crier, chuchotaient une forme de confiance en soi ludique. C’est une mode qui ne se prend pas au sérieux, mais qui est faite avec un savoir-faire impeccable. Un créateur à suivre, absolument !
@parisfashionweek by @maison_kimhekim – Love yourself first ♡
Cette collection reprend ses basiques et ses excentricités.. et nous montre plein d’amour
Ottolinger. 26 Février 2020, 12h00 (Coup de Gueule)
Bon, mes amours, il faut bien qu’il y ait quelques « coups de gueule » dans le lot, n’est-ce pas ? Pour être totalement transparente avec vous, le défilé Ottolinger, bien que salué pour son audace et son expérimentation, m’a laissée un peu… perplexe. Le duo suisse-allemand, formé par Christa Bösch et Cosima Gadient, est connu pour sa déconstruction radicale, ses silhouettes déchirées, ses coutures apparentes. J’admire la prise de risque, l’envie de bousculer les codes, vraiment.
Mais cette saison, j’ai eu l’impression que l’expérimentation était poussée à l’extrême, au point que le message, l’esthétique, se perdaient un peu. Des tissus qui semblaient avoir été martyrisés, des pulls déchiquetés, des jupes dont la coupe défiait toute logique de portabilité… C’était un festival de « presque là », de déstructuration un peu trop chaotique à mon goût. J’ai cherché la beauté dans le chaos, la poésie dans la destruction, mais je n’ai pas toujours réussi à la trouver. Parfois, l’audace peut frôler la gratuité, et je dois avouer que c’est l’impression que j’ai eue par moments.
Peut-être suis-je trop classique parfois, ou pas assez ouverte à ce type d’avant-garde très pointue. Je reconnais la créativité, l’inventivité des formes, mais le rendu final me laissait sur ma faim en termes d’élégance ou même de pertinence pour une silhouette femme. C’était un peu comme une œuvre d’art conceptuelle que j’aurais eu du mal à décrypter. Donc, un petit coup de gueule, non pas pour le talent, mais pour l’exécution qui, cette fois, ne m’a pas complètement emportée. J’attends de voir la suite, car l’expérimentation est aussi essentielle à la mode.
Réflexions Générales : Paris, la Mode et l’Ombre du Monde
Au-delà des podiums, mes chéries, il y a toute une atmosphère qui fait la magie de la Fashion Week. C’est le ballet incessant des street stylers, ces oiseaux rares qui transforment chaque coin de rue en défilé improvisé. C’est le bruit des flashs, les conversations animées en plusieurs langues, l’odeur des cafés parisiens qui se mêle au parfum des nouvelles collections. C’est aussi les rencontres impromptues, les discussions passionnées avec d’autres journalistes, d’autres blogueuses, d’autres acteurs de ce monde fascinant.
Cette édition de février-mars 2020 avait, comme je vous le disais en introduction, une dimension particulière. On sentait ce frisson de l’incertitude. Les salutations étaient parfois un peu plus distantes, les flacons de gel hydroalcoolique faisaient leur apparition discrète mais systématique. C’était étrange de se sentir transportée par tant de beauté, de créativité, de faste, alors qu’en arrière-plan, le monde semblait se crisper, retenir son souffle face à une menace grandissante.
Mais c’est aussi là que la mode a révélé sa force. Dans l’adversité, elle persiste. Elle est cette étincelle qui nous rappelle la puissance de la création humaine, le besoin d’expression, la capacité à transformer la matière en rêve. Elle est un art, un langage, un miroir de notre société qui, même face à l’inconnu, refuse de renoncer à la beauté. D’une certaine manière, chaque défilé était une affirmation, un acte de résistance joyeuse face à l’angoisse ambiante.
Pour moi, en tant que blogueuse, c’est un privilège immense de pouvoir assister à ces moments, de pouvoir les décrypter pour vous, de partager mes émotions brutes, mes analyses, mes coups de cœur et mes petites déceptions. J’adore pouvoir vous emmener avec moi, vous faire ressentir l’effervescence de ces jours où Paris devient le cœur battant de la créativité mondiale.
En Conclusion : Une Semaine Mémorable
Voilà, mes chéries, le rideau est tombé sur cette Fashion Week Prêt-à-Porter F/W 2020. Une semaine riche en émotions, en découvertes, en moments de pure magie. Des silhouettes minimalistes de Coperni à la joie vibrante de Kenneth Ize, de l’audace ludique de Kimhékim à la puissance glamour de Balmain, en passant par l’intellect artisanal de Loewe et la conscience visionnaire de Marine Serre, sans oublier l’éclat de Thebe Magugu. Même le coup de gueule Ottolinger m’a poussée à la réflexion, et c’est aussi ça la mode : elle nous bouscule, nous interroge, nous pousse à affiner notre regard.
Paris a prouvé une fois de plus son statut de capitale incontournable, ce lieu où l’histoire se tisse avec l’avenir, où le savoir-faire ancestral rencontre l’innovation la plus pointue. Malgré le contexte si particulier de cette fin février 2020, la passion a triomphé. Les créateurs nous ont offert des pistes, des envies, des promesses pour la saison prochaine.
Je repars le cœur et l’esprit remplis d’images, de sensations, d’idées. Ma tête bouillonne, prête à digérer tout cela pour continuer à vous inspirer. Merci de m’avoir accompagnée dans cette incroyable aventure. La mode n’est pas seulement un vêtement, vous le savez. C’est une histoire, une émotion, un reflet de notre temps. Et je suis tellement heureuse de pouvoir partager cette passion avec vous.
À très vite pour de nouvelles évasions stylistiques ! Avec tout mon amour et ma passion,
Sources
1. RUNWAY MAGAZINE – « Le meilleur de la Fashion Week automne-hiver de Paris 2020-Prêt-à-porter 2021 »
- URL : https://fr.runwaymagazines.com/best-of-paris-fashion-week-fall-winter-2020-2021-ready-to-wear/
- Article décrivant les collections spectaculaires présentées malgré les complications, avec des tendances axées sur les couleurs et formes géométriques, notamment les « chemises et pantalons à la Mondrian » Le meilleur de la Fashion Week automne-hiver de Paris 2020-Prêt-à-porter 2021 – RUNWAY MAGAZINE ® Officiel
2. CHIC IN PARIS – « Programme des défilés prêt-à-porter automne-hiver 2020/2021 »
- URL : https://chicinparis.fr/programme-des-defiles-pret-a-porter-automne-hiver-2020-2021-de-la-paris-fashion-week/
- Information sur les dates de la Fashion Week parisienne qui s’est déroulée du 24 février au 3 mars pour présenter les collections femme prêt-à-porter automne-hiver 2020/2021 Programme des défilés prêt-à-porter automne-hiver 2020/2021 de la Paris Fashion Week – CHIC IN PARIS
Sources officielles pour plus d’informations :
3. FHCM (Fédération de la Haute Couture et de la Mode)
- Site officiel : https://www.fhcm.paris/fr/paris-fashion-week
- Archives des éditions précédentes : https://www.fhcm.paris/fr/prochaines-saisons-et-precedentes-editions
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